Ce week-end, je suis allé voir Jumpers ...
Jumpers est le dernier film des studios Pixar, qui sort trois mois avant Toy Story 5. Mais contrairement à ce dernier, Jumpers n'est pas une suite, c'est une idée originale proposée par Daniel Chong qui officie ici pour la première fois en tant que réalisateur pour Pixar. Aprés Vice Versa 2 et avant Toy Story 5, Jumpers a donc pour lui de proposer autre chose qu'une énième suite d'un des grands succès de la firme à la lampe de bureau. On pourrait le décrire comme une sorte de fable écologique, qui s'adresserait plutôt aux enfants. Pixar oblige, le film essaie bien de parler à toute la famille, y compris les plus grands, mais ici c'est une tentative très timide de s'adresser aux parents.
Dans Jumpers, on suit les aventure de la jeune Mabel qui va grandir auprès de sa grand mère. C'est elle qui va lui transmettre son amour de la nature et des animaux. Et comme sa grand-mère, c'est une combattante dans l'âme dont le combat le plus cher est la lutte pour la préservation de la nature. C'est pourquoi, des années après que sa grand-mère nous ait quitté, elle lutte contre le maire Jerry qui veut installer la rocade pile à l'endroit où se situe une clairière et pas n'importe quelle clairière, la clairière où elle avait l'habitude de méditer avec sa grand-mère. Et pour arriver à ses fins, le maire a fait fuir les animaux des lieux.
C'est pourquoi Mabel s'est elle même confiée une mission, ramener les animaux en ces lieux et pour ça elle va chercher l'aide de à l'université, auprès de son professeur qui travaille dans un labo. C'est alors qu'elle découvre le fruit des travaux de son professeur, un procédé qui permet de transférer les consciences humaines dans des animaux robots. Elle se connecte alors avec un robot castor pour se rapprocher des castors de l'étang voisin, histoire de les faire revenir dans la clairière ... mais la mission ne sera pas sans embûches.
Le film montre que même si elle veut bien faire, en intervenant, Mabel va perturber l'équilibre naturel de l'étang et provoquer une chaine de catastrophes ...
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Et tout commence au moment où, sans le vouloir, Mabel écrabouille la reine des insectes. C'est le moment charnière du film, puisque le fils colérique de la reine devient à son tour roi et s'avère être un véritable tyran, au point de devenir l'antagoniste principal du film. Un animal (le roi des insectes) devient alors plus dangereux qu'un humain (le maire capitaliste). Le gentil capitaliste qui fait des pancakes à sa maman, devient alors l'allié de Mabel pour contrer les plan du vilain insecte ... le message est tout de même un peu simpliste, non ?
Et oui, l'équilibre d'un écosystème est fragile et ça le film nous le montre bien, avec les mammifères, les oiseaux, les amphibiens, les reptiles, les insectes et les poissons qui cohabitent dans l'étang. Dans tout ça, le plus grand ennemie de Mabel n'est peut-être pas le maire, mais les animaux eux-mêmes. Mabel aura alors un rôle d'arbitre, puisqu'elle devra unir les animaux, pas les opposer. Et Mabel va très vite se rendre compte que ce n'est pas si simple de faire en sorte que tous les animaux soient sur la même longueur d'onde. Il y a donc la loi des animaux, avec les plus forts qui mangent les plus faibles, mais il y a aussi la loi humaine, avec le maire qui cherche à tout prix à se faire réélire.
L'ouverture de Jumpers nous fait irrémédiablement penser à un autre Pixar, Là-haut, avec un grand parent qui décède dés le début du film. Mais par la suite, c'est bien sûr à Avatar qu'on pense, avec ce transfert de conscience dans des animaux robots. Malheureusement et contrairement à Là-haut et à Avatar, Jumpers ne va pas au bout de ses idées. Là où Là-haut est absolument déchirant, Jumpers perd le fil de ses idées. Le film n'exploite pas tout le potentiel émotionnel de la relation entre Mabel et sa grand-mère. On ne nous montre pas comment la grand-mère disparait, ni pourquoi elle est si importante pour Mabel, ou tout du moins on ne nous le montre pas assez. Pareil pour ce processus de transfert des consciences qui semble assez loufoque, alors que dans Avatar on ne doute pas une seule seconde de sa plausibilité.
Le film de Daniel Chong est tout de même plein de bonnes intentions. Vouloir faire passer des slogans écologiques qui incitent à réfléchir et à agir, c'est bien. Seulement dommage que le message écologique soit ici assez simpliste et que le film soit au final aussi lisse. Alors certes, ça parlera aux plus jeunes, qui sont de toute façon la cible principale de ce genre de film, mais personnellement je reste sur ma faim. Et même si on passe un bon moment, Jumpers se situe tout juste dans la moyenne des productions Pixar et on est loin du niveau d'un Vice Versa ou d'un Wall-E.