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Critique Tales Of Arise
Conditions de Test : jeu joué sur une version PS5 physique du jeu, achetée par mes soins. Ceci est une critique personnelle du jeu (oui car je n'aime pas le terme test pour une œuvre artistique) qui n'a en aucun cas vocation à essayer d'être objective ou de représenter une vérité absolue. Les propos n'engage qu'un ressenti personnel sur le titre. Critique réalisée à partir d'une partie en 53h de jeu en mode normal
Ah la série des Tales Of, démarrée sur Super Nintendo avec l'épisode Tales of Phantasia fin 95 et uniquement au Japon, la série a tissé sa toile pour devenir une saga régulière avec une apothéose sur Gamecube et son épisode Tales of Symphonia. Hélas derrière, la série a petit à petit sombré dans une production intensive et un peu low cost, s'éloignant du standard qualitatif de ses débuts. Les deux derniers jeux, sortis sur PS4 (et PS3 au japon), sombrant avec un vieux moteur issu de la PS3, avaient largement déçu (même si Tales Of Berseria est intéressant avec son histoire de vengeance plus sombre qu'à l'habitude). Ainsi, pour une énième fois l'éditeur du jeu, Bandai Namco, annonce avec ce nouvel opus un renouvellement de la saga, le tout étant accompagné d'un budget nettement revu à la hausse (trois fois celui de son prédécesseur). Alors que vaut cet épisode, un profond renouveau de la saga ou une énième déception ?
Ce nouvel opus se situe donc sur la planète Dhana qui depuis 3 siècles est asservie par sa jumelle la planète Rena. Les Daniens y déploient 5 seigneurs qui tous les 10 ans participent au Tournoi de la Couronne où celui qui aura récolté le plus d'énergie astrale, remporte le titre de souverain de Rena. Pour cela, la population Dhanienne est réduite en esclavage sous le joug tyrannique des cinq seigneurs. L'histoire démarre avec un des ces esclaves, ayant perdu toute mémoire et portant un masque de fer le rendant méconnaissable et également insensible à la douleur. Dans un élan de révolte, une rencontre avec Shionne une rénienne mystérieuse, emprisonnée et elle aussi dotée d'une malédictions (personne ne peut la toucher sous peine de se faire électrocuter) va changer le cours de leurs destin et les amener à rejoindre la résistance Dhanienne dans un long périple afin de renverser la suprématie rénienne. Bien évidemment au fil des rencontres, le duo va s'enrichir de nouveaux compagnons de routes aux compétences diverses. Les différents personnages arrivent à être intéressants même si on a tendance à rester dans les clichés du genre.
D'apparence classique, l'histoire va quand même arriver à se démarquer d'un traditionnel périple manichéen où tout est clair, ainsi que proposer une évolution intéressante des personnage. Il sera plaisant de découvrir un monde plus nuancé que ce que laisse présager le début du jeu. Hélas, c'est parfois au prix d'un manque de finesse de l'écriture, et ce genre d 'éléments peuvent avoir tendance à être ammené de manière abrupte. On est loin de l'excellence des Xenoblade Chronicles sur ce point, sans que cela soit mauvais non plus.
Dans sa narration, le titre conserve les éléments qui ont jalonné la saga, à savoir des phases en animés pour les grands moments de l'histoire, couplées à des cinématiques réalisées avec le moteur du jeu. Hélas, les scènes animées sont assez rares et dénotent en qualité avec les cinématiques « in engine », plus classiques. Bien évidemment on retrouve la marque fabrique de la série avec ses petites scénettes à base de vignettes (qui s'animent un petit peu maintenant) qui sont très nombreuses, voir un peu trop en rendant parfois le jeu un peu trop bavard, ce qui est assez constant dans la série. Mais elles restent optionnelles et c'est au joueur de les déclencher en appuyant sur la touche R1.
Si la trame scénaristique démarre et accompagne un mouvement révolutionnaire, nous ne pouvons guère en dire de même s'agissant de ses mécaniques de jeu. Les habitués de la saga seront peu perturbés. Le système de combat reprend les traditionnels Arte qui se débloqueront en remplissant des point de JA représentés par des petits losanges au dessus de la barre de vie. Certains demanderont de dépenser plusieurs points, qui se remplissent avec le temps ou en tapant avec des attaques physiques basiques. De nouveaux Arte se débloqueront au fur et à mesure de la progression des personnages ainsi qu'en les débloquant dans l'arbre de compétences (que nous détaillerons un pu après) et ceux ci pourront être améliorés en les utilisant régulièrement (énormément). On retrouvera également les Arte Mystiques afin de lancer une attaque surpuissante en débloquant une jauge spéciale où l'on pourra soit utiliser les Arte à foison sans dépenser de JA soit lancer l'arte mystique en maintenant deux boutons appuyés. D'autres type d'attaque Bonus sont présentes, représentés par des miniatures des visages des personnages et à utiliser avec la croix directionnelle quand celles-ci sont remplies. Il sera également possible de lancer une super attaque spectaculaire en combinant deux personnages (le second est aléatoires) quand une jauge bleue sera remplie au dessus de l'ennemi.
Le tout donne un ensemble très dynamique aux combats, propre à la série … mais peut être un peu trop. En présence de plusieurs ennemis, avec tous les effets l'action peut devenir difficilement lisible et de plus, combiné à la rapidité des événements le jeu n'incite pas vraiment à jouer stratégique mais plutôt à combattre de manière très directe et physique. Ce qui est en fait assez courant dans la série. Ceci dit, les combats restent quand même agréables et certains ne sont pas dénuées d'intensités. Mais l'on reste clairement plus dans une mouvance type action que JRPG « classique ».
Sur ses premières années, la série a su proposer des titres enchanteurs avec une réalisation sans faille et une direction artistique inspirée puis après son apogée avec le Symphonia de la Game Cube, la série s'est enlisée petit à petit dans une production intensive de titres sur la génération PS3/360/Wii avec pléthore de titres (les Xillia, les Frace, le Vesperia, la suit de Symphonia aini qu'un remasters du chef d'oeuvre de la Game Cube) accompagnés d'une réalisation se standardisant mais aussi paraissant de plus en plus tendre vers une production low cost de la série, ce qui sera particulièrement visibles sur le duo Zesiria/Berseria de la PS4. L'éditeur a annoncé vouloir renouer avec ses standards qualitatifs en ayant triplé le budget de production.
Ne tournons pas autour du pot, le jeu est une réussite technique et artistique. Alors certes, il ne côtoiera pas les cadors techniques de la console (d'autant plus que le jeu bénéficie d'une production crossgen) mais le bond qualitatif par rapport à ses prédécesseurs est là. Nous ne retrouverons pas les magnifiques panorama en hauteur d'un Final Fantasy VII Remake Intergrade ou d'un Forbidden West, mais nous sommes en face d'un jeu plaisant à parcourir qui sait même parfois être beau, voir très beau même si le début du jeu pourrait ne pas donner confiance, sans être moche le début n'est pas non plus très avenant … pour mieux surprendre par la suite. A noter que les développeurs se sont simplifiés la vie en évitant le traditionnel piège de l'open world, en reprenant le modèle des épisodes précédents avec des zones à traverser et reliés entre elles. Nous restons dans quelque chose de classique et n'espérez pas retrouvé le gigantisme des zones d'un Xenoblade. Nous sommes plutôt dans de grands couloirs avec quelques embranchements, même si quelques plaines apparaissent à la troisième région du jeu (à la taille plutôt mesurée). Niveau performances, le jeu semble tenir plutôt bien son frame rate (aidé aussi par le fait de l'avoir fait bien après sa sortie, et donc bénéficiant des patchs correctifs), il y a juste un moment où j'ai senti un léger manque de fluidité sur une zone en bougeant la caméra, mais absolument rien de méchant.
D'un point de vue direction artistique, le propose également un énorme bond en avant. Les environnements peuvent être enchanteurs par moments, même si certains peuvent paraître assez lambda (je pense notamment aux grottes). Mais un énorme gap a été franchi par rapports aux épisodes PS4 …enfin. Concernant les personnages, forcément le jeu n'évite pas certains clichés du genre, mais c'est globalement bien fait, les deux personnages principaux ne sont pas dénués de charisme même s'ils ne devraient pas rentrer au panthéon des personnages mythiques du jrpg à la manière d'un Cloud, d'un Fei ou d'un Shulk. Je serais un poil plus réservé sur certains personnages secondaire, notamment les plus jeunes. Par contre au niveau de la réalisation artistique, le jeu bénéficie d'un énorme atout avec une très bonne OST, particulièrement les thèmes des zones à parcourir. Dès la première zone extérieure, le jeu nous propose de superbe thèmes symphonique accompagnés de puissants chœurs. Un très bon point.
A chaque nouvelle sortie, la promesse d'un renouveau de la saga est lancée .............. mais jamais tenue. Alors peut-on dire que nous y sommes enfin? Tales of Arise est un bon jeu et même un bon JRPG, mais non il ne révolutionne ni le genre ni même la saga, la faute à une formule connue et répétée maintes fois et à certains déséquilibres dans la qualité de l'écriture (le jeu étant capable d'être très bavard pour dire des banalités, ses donjons (qui deviennent ultra linéaires sur la fin). Cependant cela reste une aventure épique plaisante à parcourir, avec deux personnages attachants et intrigants par leur passé mystérieux, avec un système de combat solide même si peu surprenant. Tales Of Rise est un bon jeu et finalement, peut être que c'est déjà pas mal au vu des égarements passés de la saga.
Points forts
- un scénario intéressant même si classique et qui a un peu de mal à tenir sur la durée
- un duo de personnages principaux attachant
- système de combat énergique
- enfin un jeu qui arrive à être beau
- techniquement solide
- une bande son de qualité (mention spéciale aux thèmes des zones extérieures à explorer)
Points faibles
- action parfois un peu brouillonne
- le jeu n'arrive pas vraiment à surprendre
- un final qui s’accélère d'un coup après le grand twist pour ensuite trainer en longueur
- une formule qui manque à se renouveler depuis plus de 20 ans