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Gringos10
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Message par Gringos10 »

Pas ma préférée de Cosma
"Avec le canon d'un flingue entre les dents, on ne prononce que les voyelles"
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Ouais_supère
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Message par Ouais_supère »

Ah moi non plus, mais j'aime le mood "Madness franchouillard" de ce titre.

Mon pref restera l'Aile ou la cuisse que je trouve complètement fou et plein de vie :

J'aime la pureté de la langue française.
Je veux dire comme : les autres langues sont tellement déceptives ? C'est juste un non-cervelleur pour moi.

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wiiwii007
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Message par wiiwii007 »

Ah oui, je préfère largement celle-ci :super:

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- "Unhook the Stars", réalisé par Nick Cassavetes, sorti en 1996 -

Belle surprise celui-ci. Un peu inconnu de la filmo de Depardieu mais très bien, surtout si l'on veut sortir des sentiers battus. Il n'y a rien d'exceptionnel dans ce film, juste une belle histoire, assez imprévisible ou presque... Tous les personnages sont touchants, de la mamie au petit bonhomme (acteur d'Anakin tout petit) en passant par la fille folle ou la voisine déglingo... C'est franchement plaisant de voir des persos barrés à ce point là sans que ça devienne nawak.

L'histoire se suit tranquillement, on devine à peu près ce qu'il va se passer mais c'est fort bien raconté et joué donc c'est très bien passé chez moi. Je conseille vraiment ce film... Depardieu est light et très bon. Pour une fois qu'il ne joue pas un rôle de bourrin.


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- "XXL", réalisé par Ariel Zeitoun, sorti en 1997 -

Synopsis : "Alain Berrebi dirige avec sa sœur Lorène une entreprise de prêt-à-porter dans le Sentier. Ses affaires sont florissantes, au point d'envisager d'acquérir une boutique voisine. Par bonheur, celle-ci appartient à David Stern, le père de sa fiancée Arlette. L'affaire semble sur le point d'aboutir quand M. Stern apprend que l'Auvergnat Baptiste Bourdalou, qui l'a sauvé jadis des camps de la mort durant la Seconde Guerre Mondiale, vient de mourir..."

On ne peut s'empêcher de penser à "La vérité si je mens", sorti d'ailleurs la même année. Ils ont tous les deux la même base : "le Sentier, les juifs, le textile" est la base, mais la comparaison s'arrête là. Tout le reste se détache, le problème c'est que l'histoire ne décolle jamais. Pour moi c'est pas au niveau. Pourtant j'ai trouvé le film tout de même sympa mais les persos n'ont pas du tout le même charisme, la narration patauge, les scènes ne marquent pas, l'humour n'est pas foufou... Bref, j'ai trouvé le film tout juste moyen.

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lessthantod
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Message par lessthantod »

Ce week-end je suis allé voir The Drama ...

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The Drama est le dernier film de Kristoffer Borgli pour le fameux studio A24, une comédie romantique qui, comme le titre le révèle, va rapidement virer au drame. En l’espace de treize ans, le studio de production et de distribution new yorkais A24 nous a offert de nombreuses petites pépites du cinéma indépendant américain (Ex Machina, Ennemy, Room, Hérédité, It Follows, The Lobster ...) et il semble vouloir passer à la vitesse supérieure sur ces deux ou trois dernières années avec des productions plus ambitieuses. Alors, je dirais que ça a dû commencer en 2023 avec La Zone d'Intérêt, puis en 2024 il y a eu The Brutalist et Civil War, Marty Supreme en 2025 et donc The Drama en 2026. Quant à Kristoffer Borgli, c'est son troisième film pour A24 après Sick of Myself (que je n'ai pas vu) et Dream Scénario (que je n'ai pas vu non plus). C'est donc avec The Drama que je découvre le travail du bonhomme et vu le produit fini, je peux dire que ça m'a donné sacrément envie de le suivre à l'avenir et de découvrir rapidement ses deux premiers films.

Dans The Drama, nous allons suivre un couple, Emma (Zendaya) et Charlie (Robert Pattinson), de la première rencontre jusqu'au jour du mariage. Emma est américaine, est un esprit libre et ce qui ne gâche rien, elle est très belle aussi. Charlie quant à lui est un pur anglais, dogmatique et un peu intello aussi. Nous sommes quelques jours avant le mariage, c'est le temps des ultimes préparations, avec notamment la préparation du discours du et de la marié(e), le choix du Dj, de la photographe ... mais tout dérape lors d'un diner avec un couple d'amis, Rachel (Alana Haim) et Mike (Mamoudou Athie), qui seront les témoins de mariage des deux futurs mariés. Tout dérape donc lorsqu'ils vont s'adonner à un petit jeu qui consiste à révéler la pire crasse qu'ils aient faite dans leur vie. Ils y passent tous à tour de rôle, Mike étant coupable d'avoir utilisé une ex-copine comme bouclier pour éviter une morsure de chien, Rachel étant coupable d'avoir enfermé son jeune voisin attardé dans un placard, Charlie étant coupable d'un cyberharcèlement ... c'est alors au tour de Rachel de se livrer et personne n'était prêt à entendre le terrible secret qu'elle gardait.

C'est donc ce terrible secret de Rachel qui risque de tout compromettre pour Charlie. Est-ce que le mariage peut encore se tenir ? Le doute s'immisce dans l'esprit de Charlie, mais aussi dans celui de Rachel et Mike. A partir de cette révélation, que je ne vais pas tout suite vous livrer, ce sera un jeu de dupe pour comprendre qui est en réalité Rachel. Kristoffer Borgli est à la fois le réalisateur et l'auteur du scénario et ça se voit qu'il maitrise son sujet. La mise en scène est entièrement au service du scénario, au sein d'un récit qui n'a de cesse de faire des sauts dans les temps. The Drama fait donc parti de ces films qui adoptent une narration non linéaire, ce qui est très stimulant pour le spectateur. En cela, le montage du film est très bien pensé, en alternant les scènes du passé et du présent, pour nous donner une autre perspective des évènements.

Mais c'est difficile de continuer de parler de ce film, sans en dévoiler l'évènement clé qui a lieu au premier tiers du film ...
► Afficher le texte
L'autre scène clé du film, c'est la scène finale qui permet de remettre les choses en perspective : Faut-il tout se dire dans un couple ou garder des secrets ? La réponse est bien sûr "non" ...
► Afficher le texte
A travers ce film, Kristoffer Borgli dénonce l'hypocrisie humaine et l'apologie des armes aux Etats-Unis (le mal de l'Amérique). Pour rappel, Kristoffer Borgli est Norvégien, c'est donc un regard extérieur sur l'Amérique et les tueries dans les écoles. Ce n'est pas non plus un hasard si le rôle de Charlie a été confié à Robert Pattinson, un acteur anglais. Kristoffer Borgli distille le malaise tout au long du film, jusqu'au dénouement final, le mariage, avec Charlie qui explose en plein vol. Plus on avance dans le film, plus Charlie nous apparait antipathique. Il va même jusqu'à voler un baiser à sa collègue à quelques jours du mariage. Et encore une fois, Charlie est anglais ... le mal est partout, pas seulement en Amérique.

Avec The Drama, on reste malgré tout à la surface des choses, ce n'est pas une critique virulente de l'Amérique. Le sous-texte est bien présent, mais le film de Kristoffer Borgli reste avant tout une comédie romantique douce-amère, très corrosive et très drôle aussi.

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ankx
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Message par ankx »

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Memento (2000)
De Christopher Nolan

Si le concept peut sembler casse-gueule sur le papier, un thriller raconté à l'envers porté par un personnage incapable de former de nouveaux souvenirs, Nolan en tire une œuvre coherente et d'une grande intelligence, qui accroche du premier plan au dernier... ou plutôt du dernier au premier.

On se retrouve à suivre un homme qui reconstruit sans cesse sa réalité à coups de tatouages et de polaroïds, incapable de savoir si les gens qui l'entourent sont des alliés ou des prédateurs.
Les personnages gravitant autour de Leonard sont particulièrement bien écrits.
Teddy, figure ambiguë dont on ne sait jamais vraiment où il se situe, et Natalie, dont la bienveillance apparente laisse planer un doute constant, contribuent à maintenir une atmosphère de méfiance généralisée.
Mais le personnage le plus insaisissable reste Leonard lui-même : peut-on faire confiance à un narrateur qui ne se souvient pas de lui-même, de ce qu'il a fait il y a quelques minutes ?
Cette question reste en suspens durant tout le film, et c'est là toute sa force.

Le montage est particulièrement remarquable.
Sa structure en deux fils parallèles, l'un en couleur à rebours, l'autre en noir et blanc chronologique, contribue à perdre volontairement le spectateur tout en lui offrant régulièrement des clés de comprehension.
On avance dans l'histoire en reculant dans le temps, et ça fonctionne à merveille, un peu (juste un peu) à l'image d'un Irréversible.

Ce n'est qu'à la toute fin que toutes les pièces s'assemblent, nous poussant à se rejouer l'histoire dans le bon sens.
Juste excellent !
Ce fut une belle claque que je vais m'empresser de revoir.

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wiiwii007
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Message par wiiwii007 »

Oui, pour moi c'est un classique ce film, je l'adore.

Tryphon
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Message par Tryphon »

Ouais_supère a écrit :
05 avr. 2026 11:39
Ah moi non plus, mais j'aime le mood "Madness franchouillard" de ce titre.

Mon pref restera l'Aile ou la cuisse que je trouve complètement fou et plein de vie :

Elle est très chouette, mais Cosma c'est aussi La Chèvre, Le Grand blond avec une chaussure noire, Rabbi Jacob, Les sous-doués, La Boum, et même Les Mondes Engloutis, donc y'a vraiment l'embarras du choix :coeur: (moi c'est le grand blond, même si je pense que je peux retrouver la partition de l'Aile ou la Cuisse de tête :mrgreen: )
C'est un θ, il croyait qu'il était τ, mais en fait il est θ.

Tryphon
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Message par Tryphon »

wiiwii007 a écrit :
04 avr. 2026 11:05
Tryphon a écrit :
04 avr. 2026 10:13
wiiwii007 a écrit :
04 avr. 2026 09:01
je préfère de très loin la profondeur d'un Anakin ou d'un Obi-Wan Kenobi à toute la clique de ce Rogue One.
La profondeur d'Obi-Wan ou d'Anakin ??????

Anakin c'est mal fait mais il a au moins un questionnement. Mais Obi-Wan ?

Heureusement que c'est Ewan McGregor qui le joue...

Qu'est-ce qu'il est con Lucas de pas avoir fait d'Anakin un personnage du même âge qu'Obiwan...
Oui je sais, et pourtant, je trouve Obi-Wan largement mieux présenté que tous les persos de Rogue One, c'est dire ce que j'ai perçu des persos de Rogue ^^ Anakin en revanche, moi je l'aime beaucoup. Je ne comprends pas ce que vous lui reprochez. Je trouve au contraire qu'il est bien écrit avec un Anakin innocent, plein d'espoir mais tiraillé par son départ au début, puis amoureux impossible et bridé par son maître (les Jedi), puis détruit par la mort de sa mère, puis complètement paumé, pour devenir un psycho. Il ne vire pas en 5 min de gentil à méchant, au contraire... Ca prend au moins 2 épisodes, voir trois si on prend en compte le côté "séparation obligatoire".
Non désolé, c'est con. Anakin, il doit incarner le mec idéaliste qui tombe dans le fascisme (parce que c'est ça le sujet de la prélogie : la montée du fascisme, politiquement en exploitant les faiblesses d'une démocratie, et individuellement via le personnage d'Anakin) en étant persuadé d'être du bon côté. Il est beaucoup trop innocent au début pour devenir un monstre sanguinaire, malgré ce qu'il a vécu. On sent qu'en plus Lucas a dû tirailler la "philosophie" Jedi dans tous les sens pour pouvoir justifier l'amour impossible d'Anakin (il n'est jamais question que les jedis aient été célibataires dans la trilogie originelle, et d'ailleurs même dans le canon ils ne le sont pas forcément). Les répliques maladroites d'Obiwan et Yoda sont grotesques et complètement en décalage avec ce qu'on savait alors des personnages.

C'est tellement mal branlé que l'histoire d'Anakin est reprise, en mieux (même si toujours pas parfait), dans le Legend à travers l'histoire de Jacen Solo, le fils de Leia et Han, qui sombre du côté obscur par idéalisme et en étant persuadé de prendre des décisions difficiles pour le bien commun (alors qu'en vrai il se comporte comme un dictateur).

C'est pour ça que je pense que ça aurait été mieux de faire d'Anakin un leader gauchiste sur Tatooine, un jeune adulte de 18 ans dans l'épisode I qui se révolte contre la condition des esclaves, qui est à la tête d'un mouvement d'insurrection (ce qui en plus justifierait qu'il doive partir). Un gars dont la trajectoire politique irait de l'extrême gauche à l'extrême droite (comme beaucoup de syndicalistes depuis 20 ans). Un gars de l'âge d'Obiwan, lequel incarnerait alors le confort bourgeois et qui donc pourrait avoir dès le début une relation compliquée, à la fois fraternelle et amicale (plutôt que le rôle de père de substitution qu'il a, et qui ne va pas du tout), mais aussi teintée de ressentiment social, en plus de leur niveau hiérarchique différent (en fait, je suis même pas sûr que dans la trilogie originelle Obiwan soit décrit comme le maître d'Anakin). Sa mère aurait pu mourir en tant qu'esclave de la main d'un maître, ça aurait eu beaucoup plus de sens alors de voir Anakin péter un câble sur les esclavagistes plutôt que sur les Tuskens pour lesquels il n'est pas sensé avoir une haine particulière.

C'est quelques idées lancées comme ça, mais je suis sûr qu'il y avait moyen de faire un truc beaucoup plus cohérent pour le personnage, tout en le replaçant dans le propos politique de la prélogie.
C'est un θ, il croyait qu'il était τ, mais en fait il est θ.

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wiiwii007
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Message par wiiwii007 »

Oui c'est ta vision, je respecte ça. Mais c'est pas la mienne du tout, que veux-tu...

Tu peux dire ce que tu veux, des choses invraisemblales à ton sens ont quand même eu lieu dans l'histoire, donc c'est juste une façon de voir les choses. Pour moi c'est très cohérent et ça fonctionne très bien.

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Esperluette
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Message par Esperluette »

J'ai vu Evanouis (= Weapons) un film d'épouvante de Zach Cregger et avec Josh Brolin, Julia Garner, Alden Ehrenreich.

Une nuit à 2h17 tous les élèves de la classe de primaire de Mlle Gandy (à l'exception d'un) se sont réveillés, sont sortis de leurs lits, ont descendu l'escalier, ont ouvert la porte d'entrée de leurs maisons, ont couru dans l'obscurité et ne sont jamais revenus.

L'histoire est racontée à tour de rôle, façon puzzle, du point de vue de plusieurs protagonistes : la prof de la classe, un policier, un parent d'élève, un junkie...

Le scénario est bien mené et fait clairement penser à du Stephen King autant dans le sujet que dans l'environnement de la ville moyenne américaine. Ça donne un bon divertissement, bien rythmé qui compense son manque de moyens évident par une bonne idée menée jusqu'au bout.


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lessthantod
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Message par lessthantod »

ankx a écrit :
06 avr. 2026 21:21
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Memento (2000)
De Christopher Nolan

Si le concept peut sembler casse-gueule sur le papier, un thriller raconté à l'envers porté par un personnage incapable de former de nouveaux souvenirs, Nolan en tire une œuvre coherente et d'une grande intelligence, qui accroche du premier plan au dernier... ou plutôt du dernier au premier.

On se retrouve à suivre un homme qui reconstruit sans cesse sa réalité à coups de tatouages et de polaroïds, incapable de savoir si les gens qui l'entourent sont des alliés ou des prédateurs.
Les personnages gravitant autour de Leonard sont particulièrement bien écrits.
Teddy, figure ambiguë dont on ne sait jamais vraiment où il se situe, et Natalie, dont la bienveillance apparente laisse planer un doute constant, contribuent à maintenir une atmosphère de méfiance généralisée.
Mais le personnage le plus insaisissable reste Leonard lui-même : peut-on faire confiance à un narrateur qui ne se souvient pas de lui-même, de ce qu'il a fait il y a quelques minutes ?
Cette question reste en suspens durant tout le film, et c'est là toute sa force.

Le montage est particulièrement remarquable.
Sa structure en deux fils parallèles, l'un en couleur à rebours, l'autre en noir et blanc chronologique, contribue à perdre volontairement le spectateur tout en lui offrant régulièrement des clés de comprehension.
On avance dans l'histoire en reculant dans le temps, et ça fonctionne à merveille, un peu (juste un peu) à l'image d'un Irréversible.

Ce n'est qu'à la toute fin que toutes les pièces s'assemblent, nous poussant à se rejouer l'histoire dans le bon sens.
Juste excellent !
Ce fut une belle claque que je vais m'empresser de revoir.
C'est clairement mon Christopher Nolan préféré et comme tu dit, c'est une véritable claque ce film :)

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lessthantod
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Message par lessthantod »

Je viens de mater The Walk ...

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Sorti en 2016 et réalisé par Robert Zemeckis, The Walk est un biopic sur le funambule de l'extrême Philippe Petit. Le français est interprété ici par Joseph Gordon-Levitt, un acteur américain. C'est un choix qui peut paraitre étrange, mais qui se justifie quand on compare la prestation de l'acteur avec le vrai Philippe Petit, le mimétise est parfait ! Et Robert Zemeckis oblige, le grand Robert Zemeckis, le film adopte une narration qui n'est pas sans rappeler Forrest Gump, avec le personnage principal qui prend la fonction de narrateur. Joseph Gordon-Levitt s'adresse face caméra pour nous parler de ses rêves et de ses ambitions, jusqu'à la réalisation de l'exploit, à savoir marcher sur un fil entre les deux tours jumelles du Wall Trade Center.

Robert Zemeckis est un formidable raconteur d'histoire qui a toujours eu un temps d'avance sur la technologie. C'est que le bonhomme aime faire pas comme les autres et prendre des risques. Ici, il joue sur les perspectives et sur la 3D pour nous immerger dans l'histoire de ce funambule fou. Mais voilà, je n'ai pas vu le film à sa sortir en salles et encore moins en 3D. En rattrapant ce visionnage, sur support physique et en 2D, j'ai vraiment l'impression de passer à côté de l'intérêt de ce long métrage. Je n'ai pas ressenti le vertige que semble suggérer le film. Et comme en plus le personnage de Philippe Petit ne m'apparait pas immensément sympathique, j'ai eu du mal à m'impliquer émotionnellement. Et la faute n'en revient nullement à Joseph Gordon-Levitt, qui est juste bluffant, déployant beaucoup d'énergie et maitrisant plutôt bien la langue de Molière. Mais tout de même, on ne peut pas s'empêcher de penser qu'avec un acteur français, ça aurait été plus authentique.

Pour le reste, interprétation, narration, reconstitution des années 70 et mise en scène, c'est du très propre tout ça ... peut-être même un peu trop propre. J'aurais aimé plus d'aspérité, plus d'audace, mais au final le film est assez lisse et convenu, si on met de côté la 3D. Le film délivre bien de jolis messages, l'abnégation, l'oubli de soi ou plutôt le croire en soi pour poursuivre ses rêves, mais pour je ne sais quelle raison, la magie n'a pas totalement opéré sur moi. Philippe Petit a des ambitions et des envies que ses parents ne comprennent pas et quand plus tard il réalise l'exploit, ça valide tous les sacrifices consentis. C'est une étude de personnage qui est intéressante, avec un build up qui se met en place et une scène finale qui donne le frisson entre les deux tours jumelles. C'est difficile de reprocher quoi que ce soit un film, si ce n'est que ça ne m'a pas particulièrement emballé.

C'est parfois à se demander si Robert Zemeckis n'est pas un réalisateur qui s'est laissé enfermer dans les années 80/90, à la recherche d'une gloire passée (La trilogie Retour vers le Futur, Roger Rabbit et Forrest Gump pour ne citer que ceux là). On peut aussi se demander s'il ne s'est pas perdu dans son obstination à faire de films d'animation photoréalistes dans les années 2000, avec la trilogie Le Pôle Express (2004), La Légende de Beowulf (2007) et Le Drôle de Noël de Scrooge (2009). Si on fait le point sur sa carrière post années 80/90, le bilan n'est pas particulièrement fameux. The Walk est donc à mettre dans le même panier que Flight (2012) ou Alliés (2016), des films très biens fait, certes, mais beaucoup trop académiques à mon goût.

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Antarka
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Message par Antarka »

J'ai vu Cocorico (le premier, pas la suite qui sort bientôt). J'avais pas vu de Clavier depuis Qu'est ce qu'on a fait au bon Dieu (qui était nul).

C'était naze. Oubliable. Surjoué. Pas drôle. Aucun intérêt.
Bali Balo dans son berceau
Bandait déjà comme un taureau

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lessthantod
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Message par lessthantod »

Je viens de mater Touchez pas au grisbi ...

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Sorti en 1954 et réalisé par Jacques Becker, Touchez pas au grisbi est l'adaptation du roman du même nom d'Albert Simonin. C'est le premier d'une trilogie de romans centrés sur le personnage de Max le Menteur, suivrons ensuite Le cave se rebiffe et Grisbi or not grisbi qui eux aussi seront adaptés au cinéma. Si Touchez pas au grisbi est très fidèle au roman, il n'en est pas de même pour les deux suivants qui seront traités sous l'angle de la comédie avec des dialogues de Michel Audiard. Le personnage de Max le Menteur disparaît même de l'œuvre de Simonin et Grisbi or not grisbi devient Les Tontons flingueurs (1963). Mais pour revenir au film qui nous intéresse ici, à savoir Touchez pas au grisbi, Jacques Becker décide de prendre le sujet du roman au sérieux. On sent une certaine fascination de sa part pour la vie des gangsters et il fait en sorte de les traiter comme des hommes et des femmes normaux, comme nous. On se sent tout de suite proche d'eux et de leurs préoccupations. En cela, le film m'a beaucoup rappelé Bob Le Flambeur (1956) de Jean-Pierre Melville.

Touchez pas au grisbi, c'est l'histoire de Max (Jean Gabin) et Riton (René Dary), deux petits gangsters qui viennent de réussir un énorme coup à Orly en volant huit lingots d’or. Ce magot, ce "grisbi", ils le mettent de côté en attendant que ça se calme ... comme on dit, "Le silence est d'or". Mais voilà, Riton va briser ce silence en racontant tout à sa maitresse Josy (Jeanne Moreau) qui à son tour le raconter à Angelo (Lino Ventura). Ce dernier décide alors de passer à l'action et kidnappe Riton pour lui récupérer le grisbi. C'est que son grisbi, les huit lingots d’or, c'était l'occasion rêvée de tirer enfin sa révérence et de profiter d'une retraite bien méritée, loin du milieu ... alors la question se pose pour Max, qui sauver ? Son ami Riton ou son grisbi ? Max devra alors trouver une solution pour sauver son ami Riton, sans perdre son grisbi.

Ceci n'est pas un vieux film de gangsters, c'est un film de vieux gangsters. Ainsi, Jacques Becker tire le portrait méticuleux d'un gangster d'âge mûr, la cinquantaine, qui a déjà pas mal vécu dans le milieu et qui est maintenant fatigué de tout ça. Max est lassé de tout ça, des bêtises de son ami Riton, des p'tits jeunes aux dents longues comme Angelo et de toute cette routine (le dîner au restaurant habituel, la soirée au cabaret, se cacher dans ses appartements ...). Et si Max nous paraît si sympathique, c'est parce qu'il est avant tout humain. Lorsqu'il doit peser le pour et le contre pour sauver son ami Riton, il hésite. Il en a marre de devoir réparer toutes ses conneries et on nous fait bien comprendre que ce n'est pas la première fois qu'il doit lui sauver la peau. Mais voilà, il ne peut pas laisser tomber Riton, ils ont tout vécu ensemble et s'il le laisse tomber, c'est comme se trahir à lui ... en sauvant Riton, il se sauve lui-même. Dans un milieu sans lois ni règles morales, les valeurs humaines qu'il porte sont d'autant plus belles.

Et puis, Touchez pas au grisbi c'est aussi la rencontre entre deux mythes, Jean Gabin et Lino Ventura. Pour Jean Gabin, c'est son retour au premier plan dans le cinéma français depuis la seconde guerre mondiale et maintenant on peut dire que sa seconde partie de carrière, une renaissance, sera encore plus belle que la première (même si je comprends très bien qu'on puisse penser le contraire). Avec l'âge, il gagne énormément en épaisseur et il n'est plus obligé de jouer les jeunes premiers. Pour Lino Ventura, c'est son premier rôle au cinéma et quand on voit le film, on imagine pas que c'est alors un débutant. Face à Gabin, il a une aisance et un charisme qui impressionne et les voir jouer ensemble semble être une évidence. La confrontation entre Jean Gabin l'élégant et Lino Ventura la brute est l'un des gros points forts du film. Et dans ce monde très viril, Jeanne Moreau, alors très jeune actrice, fait une apparition très remarquée en fille de cabaret. Elle se fait giflée par Jean Gabin, une baffe mémorable qui est de toute évidence non simulée.

Bref, Touchez pas au grisbi est vraiment un monument des films noirs à la française, un film très soigné sur tous les aspects. Le noir & blanc est très beau, la mise en scène est léchée, les dialogues sont ciselés et l'interprétation est aux p'tits oignons. Jean Gabin est phénoménal dans le rôle de Max, un rôle qui semble avoir été écrit pour lui tant il lui colle à la peau. Et n'oublions pas aussi la B.O. mémorable de Jean Wiéner avec son thème à l'harmonica qui est très triste et mélancolique. Touchez pas au grisbi est sans aucun doute l'un des meilleurs films policiers français des années 50.

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