Nous ne vieillirons pas ensemble

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Kek-de-Mars
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Message par Kek-de-Mars »

Cancer du Pancréas depuis 3 ans apparemment...

https://www.footmercato.net/a1590446875 ... e-a-58-ans

Respect mec ! :amen:

Supporter de l'OM, j'ai toujours kiffé ce joueur. En tant qu'entraineur, je l'aurais bien vu chez nous. Je comprends mieux pourquoi quand Lorenzy a signé, sa candidature a été écarté pour "problèmes personnels"...

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Gringos10
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Message par Gringos10 »

Rip eric Roy
Il ne l’avait pas dit publiquement, il a combattu la maladie sans rien laisser paraître et a réalisé un travail remarquable avec le stade brestois. Un grand amoureux de foot et figure emblématique de la ligue 1. Triste.
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Killvan
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Message par Killvan »

Rip Eric Roy
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Kek-de-Mars
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Message par Kek-de-Mars »


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Kek-de-Mars
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Message par Kek-de-Mars »

Hommage Lephoceen:

Eric Roy, le taulier que Marseille n'a jamais oublié
Par la rédaction du Phocéen

Le football français perd l'une de ses plus belles figures. Décédé à 58 ans des suites d'un cancer du pancréas contre lequel il luttait depuis trois ans et demi, Eric Roy laisse derrière lui le souvenir d'un homme respecté de tous, aussi bien pour ses qualités humaines que pour son parcours. De Brest, où il a écrit la plus belle page de l'histoire du club, à Marseille, où il fut un cadre exemplaire, retour sur le parcours d'un véritable taulier.

L'entraîneur du Stade Brestois s'est éteint à l'âge de 58 ans, emporté par un cancer du pancréas contre lequel il se battait depuis trois ans et demi. Une nouvelle terrible. Une de celles qui rappellent brutalement que certains combats ne se gagnent pas toujours, même lorsque celui qui les mène affiche un courage et une dignité hors du commun. Parce qu'Eric Roy était beaucoup trop jeune pour partir ainsi. Et parce qu'il était aussi l'une des personnalités les plus attachantes du football français.

Il y a encore quelques semaines, des supporters de l'OM nous écrivaient pour imaginer un duo Grégory Lorenzi - Eric Roy à Marseille. Certains voyaient même en lui un successeur crédible à Habib Beye. Avec pudeur, nous expliquions alors que cette piste n'était pas d'actualité, notamment lors des derniers Talk Show. La raison était simple. Nous savions que l'intéressé traversait une épreuve autrement plus importante que le football. Mais il fallait aussi respecter sa volonté : ne pas rendre public son état de santé.

En Bretagne, le sujet était presque tabou lorsqu'il est apparu à l'été 2025 avec une casquette vissée sur la tête et sans poil apparent. Beaucoup ont essayé de le faire parler de chimiothérapie. Lui voulait parler de son équipe, de son jeu, de ses joueurs. Cette discrétion lui ressemblait. En privé, ces dernières semaines, il se montrait malheureusement pessimiste sur ses chances de guérison. Le Stade Brestois lui avait laissé carte blanche. Comment pouvait-il en être autrement ? Eric Roy est tout simplement le plus grand entraîneur de l'histoire des Pirates.

Lorsqu'il arrive sur le banc breton en janvier 2023, Brest semble promis à la relégation. Quelques mois plus tard, le club est sauvé grâce à un redressement spectaculaire. La saison suivante, il réalise ce qui semblait impensable : une troisième place en Ligue 1 avec l'un des plus petits budgets du championnat. Puis vient l'aventure européenne. Cette campagne de Ligue des champions 2024-2025 restera à jamais comme la plus belle page de l'histoire du club. Brest se retrouve même un temps en tête de la phase de groupe avant de voir son parcours s'arrêter en barrage contre le futur vainqueur de la compétition.

Tout cela sous la direction d'un homme dont beaucoup avaient fini par oublier qu'il était entraîneur. Pendant des années, Eric Roy avait souffert de ne pas être considéré pour ce rôle. Consultant apprécié, observateur reconnu, il répétait parfois à quel point il était frustré de ne pas obtenir sa chance sur un banc. Grégory Lorenzi a sans doute réalisé l'un des plus grands coups de sa carrière de dirigeant en lui accordant cette confiance. Roy l'a rendue au centuple. Il a installé un 4-3-3 efficace, relancé des joueurs que l'on croyait perdus pour le haut niveau et démontré que les compétences d'un entraîneur ne disparaissent jamais avec le temps.

Oui, il aurait probablement eu les épaules pour entraîner Marseille. Et c'est bien dommage de ne pas avoir pu le vérifier en vrai car son histoire avec l'OM a toujours eu un goût d'inachevé.
Lorsque le club retrouve la Division 1 en 1996, Eric Roy débarque en provenance de Lyon. Il a 28 ans et devient immédiatement un élément incontournable de l'effectif. Pour lui, rejoindre Marseille représente bien davantage qu'un simple transfert. Son père Serge y a porté le maillot olympien dans les années 1960. Jouer à l'OM est un rêve. Son baptême du feu est à la hauteur de l'événement. Face à Lyon, l'OM est rapidement mené. Mais c'est Eric Roy qui égalise, comme pour se faire adopter instantanément par le Vélodrome. Dans une saison de la remontée particulièrement compliquée, ponctuée de nombreuses déceptions et de recrues qui ne répondent pas aux attentes, il figure parmi les rares satisfactions. Fiable, constant, irréprochable. Quelques jours après la défaite du PSG en finale de la Coupe des Coupes contre le FC Barcelone de Ronaldo, l'OM s'offre l'une de ses rares grandes joies de la saison en battant son rival au Vélodrome. L'unique but marseillais est inscrit sur penalty par Eric Roy.

Puis arrive l'ère Rolland Courbis. Autour de lui gravitent des stars comme Laurent Blanc, Fabrizio Ravanelli, Christophe Dugarry ou encore Robert Pirès. Eric Roy n'est pas celui qui occupe les gros titres. Mais il est l'un des cadres les plus importants du vestiaire. Un véritable taulier. Et lorsqu'on évoque cette période, impossible de ne pas repenser au mythique OM-Montpellier de 1998. Menés puis revenus, les Marseillais arrachent un incroyable 5-4 dans une ambiance indescriptible. Au cœur de cette soirée devenue légendaire, Eric Roy sort de sa zone habituelle pour inscrire le but du 4-4. Une image gravée pour toujours dans la mémoire des supporters avec ses bras en l'air.

Malheureusement, la fin de son aventure olympienne sera beaucoup moins heureuse. Blessé lors de sa troisième saison, il perd progressivement sa place dans l'esprit de Rolland Courbis. À l'été 1999, l'entraîneur décide de miser sur deux jeunes joueurs : Peter Luccin et Stéphane Dalmat, qui n'a pourtant jamais encore évolué à ce poste. Pour tourner la page, il choisit une méthode particulièrement brutale. Lors de la reprise de l'entraînement, le nom d'Eric Roy apparaît en rouge sur un tableau présenté devant tout le groupe. Le message est clair : il ne jouera plus. Une méthode que Rolland Courbis reconnaîtra bien des années plus tard avoir regrettée. Et Dieu sait qu'il n'est pas toujours facile de lui faire admettre ses erreurs. À l'époque déjà, Robert Louis-Dreyfus s'était ému de cette décision. Alors que beaucoup considéraient comme une faute majeure le départ de Laurent Blanc, le propriétaire olympien regrettait également celui d'Eric Roy. L'histoire lui donnera raison. Quelques mois plus tard, l'OM passe de la deuxième à la quinzième place du championnat tandis que Roy s'adapte parfaitement à la Premier League sous les couleurs de Sunderland.

Il aurait mérité de revenir à Marseille. Comme entraîneur, comme dirigeant ou simplement comme homme de football. Car à chaque passage dans la cité phocéenne, il revenait avec ce sourire qui le caractérisait si bien. Respectueux, accessible, élégant. Toujours heureux de retrouver un club où il avait vécu trois années fortes. Bien sûr, l'OGC Nice occupait une place immense dans son cœur. Peut-être même la plus importante. Mais Eric Roy n'a jamais caché l'attachement qu'il conservait pour Marseille. Et cet attachement était réciproque. Parce qu'il n'était pas seulement un joueur de devoir, un serviteur fidèle, c'était un véritable taulier. Et les tauliers, eux, ne disparaissent jamais vraiment.

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Kek-de-Mars
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Message par Kek-de-Mars »

L'OGC Nice pleure l'un de ses enfants. Les supporters brestois leur « King Eric ». Éric Roy s'est éteint mercredi à l'âge de 58 ans. Milieu de terrain défensif au tempérament de lutteur passé par Nice, Lyon ou Marseille (1988-2004), mais sans titre, il avait connu son heure de gloire vingt ans plus tard, le 13 mai 2024, en étant élu par ses pairs meilleur entraîneur de Ligue 1 pour avoir conduit Brest en Ligue des champions cette même année, alors qu'il n'avait pas exercé... pendant plus de dix ans.

Dans son parcours singulier, il avait eu bien d'autres casquettes (directeur marketing, directeur sportif, consultant...) que celles qu'il aimait arborer. Mais c'est bien entendu sur le terrain et sur le banc qu'il aura vécu les plus belles années au coeur de sa passion. Avec deux carrières toutes deux entamées à Nice. Forcément.

Il y est né d'une maman niçoise et d'un papa bourguignon, l'attaquant international Serge Roy (1 sélection), champion de France avec Monaco en 1961 et dont il aurait aimé suivre la trace un peu plus haut avec les Bleus. Ce sera le plus grand regret de sa carrière. On parlait de lui avec insistance pour la sélection quand il jouait dans le Lyon de Jean Tigana (1993-1995)... En 1995, il se dira « choqué » de ne pas avoir eu sa chance, avant de reconnaître bien plus tard, être tombé sur une ou deux générations exceptionnelles de milieux défensifs : Marcel Desailly, Didier Deschamps, Christian Karembeu, Emmanuel Petit ou Patrick Vieira. Rien que ça.

Nice, ce sera d'abord le Cavigal avant le Gym à 19 ans. Milieu de terrain, il promenait une image de serviteur, sérieux et évoluant avec une certaine aisance, une qualité de relance et de lecture de jeu. Un joueur au tempérament de lutteur, âpre et qui abattait son jeu avec science et autorité. « Je dois ça sans doute au tennis. Sur un court, tu es seul à lutter sur chaque balle », analysait celui qui avait longtemps mené de front les deux disciplines (classé 15-1 à 15 ans).

Les fidèles des Aiglons n'ont jamais oublié ce jour de mai 1990 où, Roy, en défense centrale, et les siens ont mis le feu au stade du Ray en barrage retour contre Strasbourg (1-4 ; 6-0) et le quadruplé signé Robby Langers. L'OGC Nice descendra finalement l'année suivante, rétrogradé par la DNCG, et Roy entamera un long périple via Toulon, Lyon, Marseille, Sunderland, Troyes et le Rayo Vallecano, avant de boucler la boucle en revenant au Gym en 2002.

En 2004, c'est un Roy sans couronne qui mettait fin à seize ans de carrière. Il avait pourtant bien cru ouvrir son palmarès, et celui de l'OL de Jean-Michel Aulas, en inscrivant un but splendide lors de la finale de la Coupe de la Ligue 1996 contre Metz, à la dernière minute de la prolongation, en enchaînant un petit lob sur Sylvain Kastendeuch qui se jetait pour dégager de la tête, et une demi-volée. Mais il sera refusé pour jeu dangereux et les hommes de Guy Stéphan s'inclineront (0-0, 4-5 aux t.a.b.)...

Une « deuxième place », comme en Championnat de France l'année précédente derrière les intouchables Nantais. Ou encore avec l'OM de Rolland Courbis en 1998-1999, au terme d'un mano a mano avec Bordeaux. Avec, le 22 août 1998, ce match dingue au Vélodrome contre Montpellier et cette remontada mythique de 0-4 à la pause à 5-4 à la fin, Roy inscrivant le but de l'égalisation. Cette saison-là, dans la plénitude de ses moyens, il se blessera à un genou et manquera le money-time du Championnat et la finale de la Coupe de l'UEFA contre Parme (0-3). « J'ai vécu cet événement comme un zombie », confiera-t-il à L'Équipe en 2016.

Lors de sa dernière saison pro en 2003-2004, il avait suivi en parallèle une formation de manager général de club au Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de Limoges. En 2005, il revenait à Nice comme directeur marketing, avant de se recentrer sur le terrain, comme directeur sportif en 2009, puis sur le banc en mars 2010, alors que l'équipe flirtait avec la relégation.

Mission sauvetage accomplie et aventure prolongée jusqu'en novembre 2011. Avec ce retour de l'adrénaline, qui lui manquait tant, Roy s'est pris au jeu et a alors passé ses diplômes : BEPF et sa licence pro UEFA avec ses camarades de promo, Zinédine Zidane, Claude Makelele, Willy Sagnol et Bernard Diomède, en juin 2015. Mais il devra attendre janvier 2023 pour enfin reprendre le fil de sa carrière de coach. Entre-temps, il s'était consolé en creusant le sillon de son image de touche-à-tout (consultant pour beIN Sports, France Télévisions ou RMC Sport, manager, directeur du football et sportif à Nice, Lens et Watford [ANG]).
À Brest, de la zone rouge à la Ligue des champions

Onze ans après son unique et brève expérience, c'est sur lui que Grégory Lorenzi, directeur sportif du Stade Brestois, comptera pour maintenir le club dans l'élite. Malgré le scepticisme entourant sa nomination, Éric Roy parviendra en moins de dix-huit mois à propulser l'équipe de la zone rouge à la troisième place de Ligue 1, synonyme d'une qualification historique pour la Ligue des champions.

La compétition reine où les Pirates, surnom des Bretons, s'illustreront en sortant brillamment de la phase de ligue avant de tomber face au futur champion d'Europe, le PSG. Une consécration qui en vaudra une autre à Roy et son style de jeu le plus souvent séduisant. Celle du chant d'amour qui retentissait en son honneur dans les tribunes de Francis-Le Blé sur l'air de Quand je vois tes yeux de Dany Brillant : « Quand je vois ton jeu, je suis amoureux. Quand j'entends ta voix, j'suis fou d'Éric Roy. » Les fous du Roy, comme les Aiglons, sont bien tristes aujourd'hui.


Jérôme Alonzo faisait partie du cercle très fermé de ceux qui savaient le mal qui rongeait Éric Roy depuis trois ans et demi. Ce mercredi, malgré la peine et la douleur de la perte de son « grand frère », il a accepté d'évoquer, pour « L'Équipe », une amitié de près de quarante ans, débutée au centre de formation de Nice.

« Que représentait Éric Roy dans votre vie ?
C'était comme un grand frère. On se connaît depuis le centre de formation de Nice. Il adorait mon père, qui l'avait formé. Il avait un amour immense pour lui, et c'est aussi ce qui nous a rapprochés. On parlait de lui tout le temps. On est devenus copains, puis amis, puis inséparables. La vie nous a même fait le cadeau de jouer ensemble pendant un an à l'OM (en 1996-1997). J'ai débuté en Ligue 1 à ses côtés. On a partagé tellement de choses : les matches, le golf, les vacances, la vie tout simplement. C'est le grand frère que je n'ai jamais eu.

Vous étiez pourtant si différents...
Lui rangeait tout, moi je ne rangeais rien. Lui se couchait à 21 heures, moi à 3 heures du matin. Je fumais comme un pompier, lui n'a jamais touché une clope. Je buvais du rosé et faisais l'apéro régulièrement, lui buvait de l'eau. Laëtitia a été sa première et sa femme, moi, j'ai essayé pendant trente ans. Mais jamais il n'y a eu le moindre jugement de sa part. Jamais il ne m'a reproché mes humeurs, ma façon d'être. C'était l'eau et le feu. Je l'appelais "Mister Perfect". Moi, je gueulais tout le temps. Je pensais parfois qu'il allait finir par me faire la gueule, notamment au golf. Mais il me répondait : "T'es con, Lonzo. Je t'aime. T'es fou, c'est comme ça." Il m'a guidé, il m'a protégé. Il a été un garde-fou dans énormément d'aspects de ma vie.

Son aventure brestoise restera comme l'une des plus belles histoires de la Ligue 1...
Je me suis même découvert une passion pour le Stade Brestois grâce à lui. Je passais mes dimanches après-midi à regarder ses matches, à sauter sur mon canapé devant des Brest-Angers. L'amitié, c'est ça. Le Stade Brestois, les supporters, le président Le Saint, ses joueurs, Greg Lorenzi (directeur sportif) lui ont offert trois années inespérées, extraordinaires. Il faut les remercier. Ça a changé sa fin de vie. Sans eux, on aurait peut-être perdu mon pote beaucoup plus tôt. Cette aventure humaine et sportive a été extraordinaire. Elle l'a maintenu debout. Pendant deux ans, je lui répétais : "Tu es un lion." Et il me répondait : "Ça me porte, ça m'aide." C'était incroyable. Il était profondément reconnaissant envers le peuple brestois.

Vous aviez été l'un des rares proches à être dans la confidence à la suite de l'annonce de sa maladie il y a trois ans et demi...
Il a toujours été d'une extrême pudeur. Il en parlait très peu. Alors moi, j'essayais surtout de lui changer les idées. On parlait football, golf, fringues... Je me suis vraiment inquiété le jour où il m'a appelé pour me dire : "Là, c'est chaud !"

Dans le milieu, cela faisait plusieurs mois qu'on le savait malade...
Jusqu'au bout, le secret aura été gardé... Concernant la révélation publique de sa maladie, on avait essayé de le prévenir en lui disant que ça allait forcément sortir un jour. Mais il était très serein. Il avait une immense confiance en certains journalistes. Et aujourd'hui, je veux leur dire merci. Tout le monde savait, mais il y a eu de la dignité. C'est presque réconfortant. L'amitié, la dignité, le respect dont la presse a fait preuve, c'est réconfortant. Il méritait de partir paisiblement, loin du tumulte. Il n'y a jamais eu de fuite. Depuis l'annonce, j'ai reçu des centaines d'appels. Imagine si l'information était sortie avant...

À qui pensez-vous en ce moment ?
À lui, à Laëtitia, sa femme, ma meilleure amie, à Marcus, Victoria-Rose, ses enfants, à sa maman, qui a perdu son mari (Serge Roy, en décembre dernier) et son fils en quelques mois. La force dont a fait preuve Laetitia est exceptionnelle. C'est une sainte. Je l'admire profondément. Je n'ai pas pu aller voir ses enfants encore. (Il pleure.) Je les verrai demain matin (jeudi). Je ne peux pas là... Une bonne nuit me fera du bien.

Les hommages sont partout...
Ce soir, je vais faire l'émission de Mémé (L'Équipe du soir) pour lui, même s'il n'était pas vraiment dans l'émotion. Ce n'était pas quelqu'un de très tactile, mais il était devenu beaucoup plus doux ces derniers temps. C'est lui qui me rassurait alors que j'avais peur de perdre mon frère. On n'est jamais prêt. Ça arrive toujours à un moment où l'on pense l'être, mais on ne l'est pas.

Quand l'aviez-vous vu pour la dernière fois ?
Les deux dernières fois que je l'ai vu, je n'arrivais même pas à prendre le volant en repartant. C'est un cauchemar de voir son ami comme ça. Quelqu'un qui n'avait jamais bu, jamais fumé, qui faisait attention à lui... Et la maladie arrive. On se dit : "Mais non, ce n'est pas possible." Je l'ai vu dimanche, il en avait assez, il était épuisé. D'une certaine manière, cela aide à se préparer.

Je lui ai dit : "Je reviens la semaine prochaine, on parlera des Bleus." Mais lui savait qu'il n'y aurait pas de semaine prochaine. J'ai pris sa main. Je lui ai embrassé le front, comme j'avais fait pour mon père. Il m'a regardé tristement, comme pour me dire : "On est au bout du match."(Il pleure.) Aujourd'hui, je relâche tout. Mais c'est presque moins difficile. Quand ton frère te serre la main et qu'il te fait comprendre que c'est fini... C'était important de vivre ce moment, même s'il était terrible. J'ai repris la voiture en sachant que je ne le reverrais plus. »

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