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lessthantod
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Message par lessthantod »

Je viens de mater Tel père, tel fils ...

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Sorti en 2013 et réalisé par Kore-eda, Tel père, tel fils est probablement le film le plus réputé du réalisateur japonais avec Une affaire de famille (2018). C'est avec ce film qu'il obtient sa première récompense au Festival de Cannes, celui du prix du jury. Dans tel père, tel fils, on y retrouve Lily Franky qui est l'un des acteurs fétiches de Kore-eda. Je crois même qu'ici c'est leur première collaboration et il s'en suivra bien d'autres. C'est avec ce film qu'on se rend compte à quel point Kore-eda est proche dans son style de Ozu, un style très contemplatif, avec des plans fixes et toujours parfaitement cadrés. Ils partagent également les mêmes sujets de prédilection, l'importance de la famille et le respect des traditions.

Dans Tel père, tel fils, on va suivre deux familles, les Nonomiya qui sont plutôt aisés et instruits (le père est architecte et le fils joue du piano), ainsi que les Saiki qui sont plus modestes et humbles (le père est simple commerçant). Ils vont apprendre que six ans auparavant, leurs enfants ont été échangés à la maternité. Le pitch de départ nous rappelle forcément La vie est un long fleuve tranquille (1988), mais ici dans un contexte japonais. Et si le film d'Étienne Chatiliez était une pure comédie sociale, le film de Kore eda appuie beaucoup plus sur l'aspect dramatique de la chose. Toujours est-il qu'ici c'est la famille bourgeoise qui va découvrir la terrible erreur et il leur sera proposé de rencontrer l'autre famille. Dés leur première rencontre, la simplicité et la bonhomie de Yudai Saiki (Lily Franky) contraste tout de suite avec l'arrogance de Ryota Nonomiya (Masaharu Fukuyama).

Alors qu'un procès est intenté contre l'infirmière qui a fait (intentionnellement ou non) l'échange, les deux familles doivent décider quoi faire ? Continuer comme si de rien n'était ? Accepter l'échange des deux enfants ? Payer les parents biologiques pour garder les deux enfants ? Quoi qu'il en soit, cela ne va pas se faire sans conséquences pour les enfants, qui vont voir leur quotidien perturbé. Pour les parents aussi, cela s'avère être éprouvant. Ils se sont attachés à l'enfant qu'ils ont vu naitre et qu'ils ont élevés, sans savoir que ce n'était pas leur sien. Personne n'est coupable ici et il n'y a que des victimes (les parents et les deux enfants). Alors si, il y a bien une coupable, l'infirmière, mais là encore le film évite tout jugement hâtif.

Alors je ne les ai pas tous vu, mais Tel père, tel fils est jusqu'à présent mon Kore-eda préféré. Comme à son habitude, c'est extrêmement bien écrit, très riche dans les rapports humains et pas une seule seconde on tombe dans le pathos. Kore-eda nous montre la réaction des deux familles, sans les juger, bien que le film insiste beaucoup au début sur l'éducation très stricte de Ryota. A contrario, Kore-eda nous montre que la famille plus modeste privilégie une éducation aimante, avec Yudai qui est un père attentionné et qui donne de son temps pour éduquer ses enfants. Le film insiste bien sur Ryota qui rentre tard le soir, qui n'a pas de temps à consacrer à son fils, si ce n'est pour exprimer sa désapprobation, alors que Yudai joue avec ses enfants et passe la journée avec eux. Lily Franky est vraiment très convaincant dans la peau de ce père tendre et loufoque. C'est un peu père qu'on aimerait tous avoir. Masaharu Fukuyama quant à lui incarne à la perfection l'arrogance de la classe aisée qui se croit tout permis, y compris d'acheter un enfant.

Pourquoi ce titre Tel père, tel fils, me direz-vous ? C'est en référence à Ryota qui veut que son fils soit à son image, qu'il s'endurcisse, qu'il ait une mentalité de vainqueur comme lui. Pour lui, tout problème a une solution, ou tout du moins c'est ce qu'il pensait jusqu'à présent. Mais devant une situation qu'il ne maitrise plus, sa carapace va se fissurer. S'il ne veut pas perdre son fils et sa femme, il va devoir évoluer, revoir ses priorités et prendre de la hauteur sur la vie. Ryota est vraiment le personnage central du récit, c'est à travers ses yeux qu'on va vivre le bouleversement de son quotidien. Alors ça ne fait pas de Yudai un personnage inintéressant, au contraire. C'est lui qui nous fait dire qu'on s'est tous trompé, que l'argent ça ne suffit pas pour faire une vie heureuse. Il n'a pas d'argent, mais il donne de l'amour à ses enfants et ses enfants le lui rendent bien. C'est une leçon que va devoir apprendre Ryota, à ses dépends.

A noter tout de même que les deux mères, Midori Nonomiya (Machiko Ono) et Yukari Saiki (Yōko Maki), sont légèrement plus en retrait. C'est le léger reproche que je fais au film, de porter beaucoup plus l'attention sur les pères au détriment des mères. Mais c'est bien le seul reproche que je pourrais faire au film. Comme dans Une Affaire de famille ou Les Bonnes Étoiles (2022), Kore-eda nous montre un autre modèle familiale qui s'affranchit des liens du sang. C'est aussi un film qui essaie de réconcilier les classes les plus aisées avec les classes plus modestes. On passe tour à tour des rires aux larmes et à la fin on en ressort le cœur plus léger et l'impression d'avoir vu un grand film.
Dernière modification par lessthantod le 01 juin 2026 22:31, modifié 1 fois.

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retroactionman
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Message par retroactionman »

J'ai vu " The Mandalorian and Grogu " !

Quelle merde infâme, même pas foutu de faire aussi bien que le série. :oeilsang: :oeilsang: :oeilsang:

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lessthantod
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Message par lessthantod »

Je viens de mater Mustang ...

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Sorti en 2015 et réalisé par Deniz Gamze Ergüven, Mustang est un drame prenant place en Turquie. En effet, la réalisatrice Deniz Gamze Ergüven est franco-turque et il est fort à parier qu'elle s'est inspirés de ses jeunes années en Turquie pour écrire le scénario de son film, avec l'aide de la réalisatrice française Alice Winocour. Toutes deux reçurent d'ailleurs le César du meilleur scénario original pour Mustang. Il s'agit donc ici d'un film Turque, tourné en Turquie et en langue turque. Ma connaissance du cinéma turque étant nulle, je ne me risquerai pas à faire des comparaisons avec d'autres réalisateurs turques. Mais toujours est-il que je ne regrette vraiment pas le visionnage. Pour un premier film, Deniz Gamze Ergüven a vraiment frappé très fort. Et en parlant de premier film, qui plus est réalisé par une femme, difficile de ne pas penser à Sofia Coppola et à Virgin Suicide, tellement les deux films partagent de nombreux points communs.

L'histoire prend place dans un petit village à 1 000 km d'Istanbul. Les cinq filles, qu'on aperçoit sur la très belle affiche du film, sont élevées par leur grand mère. On comprend très vite qu'elles ont perdu leurs parents et qu'elles sont donc orphelines. Il y a donc la grand mère, mais il y a surtout l'oncle aussi, qui représente assez bien le patriarcat qui règne en Turquie. L'oncle est un homme assez détestable, qui trouve que la grand mère est trop laxiste dans l'éducation des filles. Il va donc serrer les vis et transformer la maison en véritable prison. Les cinq jeunes filles ont des envies d'émancipation et rêvent de liberté, mais leurs espoirs vont vite être contrariés par certaines conventions et traditions turques, comme par exemple le mariage forcé.

Au début du film, on se croirait en vacance, sous le soleil de la Turquie. On voit les cinq jeunes filles qui s'amusent avec des garçons sur la plage. Les garçons portent les filles sur leurs épaules et à priori elles ne font rien de mal. Mais voilà, les vieilles femmes du village voient ça comme un jeu sexuel, les filles se frottant contre la nuque des garçon. A partir de ce moment là, l'étau se resserre autour des cinq filles. On sent l'enfermement progressif, les portes qui sont fermées à clef, les murs qui sont rehaussés et des barreaux qui sont posés aux fenêtres. On assiste à des moments très durs, avec des mariages forcés et le passage obligatoire à l'hôpital pour vérifier l'intégrité de l'hymen de la jeune mariée. Elles rêvent de liberté, mais la dure réalité les ramène à leur condition de jeune femme soumise. Il y a néanmoins des tentatives de fugue, notamment pour assister à un match de foot à Istanbul avec un publique intégralement féminin (un fait historique qui parait fou et qui pourtant a réellement existé).

Mustang, c'est ce qu'on appelle un film coup de poing. Le film se veut très réaliste pour montrer à quoi ça ressemble de vivre dans un village Turque pour une jeune fille plein d'espoir. Autant le propos défendu ici est très sombre, autant la forme est "éclairée". Les évènements du film se passant à la fin de l'été, avant la rentrée scolaire, la photographie du film est de ce fait très lumineuse, avec la lumière qui rentre en plein cadre. La forme va complètement à l'encontre du fond, ce qui peut déstabiliser un peu. C'est peut-être pour cette raison qu'on a parfois l'impression d'être dans un conte. Et en même temps, le film est très ancré dans le réel, un réel très dur et très sombre.

Bref, Mustang est un film très sombre, mais qui malgré tout laisse entrevoir une lueur d'espoir. Malgré tous les sévices et tout ce qu'elles vont subir, les cinq jeunes filles vont se battre pour obtenir leur liberté. Elles ne vont pas vivre toutes les cinq le même destin, certaines vont peut-être accepter leur condition de femme soumise, d'autres vont peut-être vouloir fuir, d'autres vont peut-être avoir un destin tragique ... je vous laisse le découvrir par vous même.

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lessthantod
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Message par lessthantod »

Je viens de mater Le Goût du saké ...

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Sorti en 1962 et réalisé par Yasujirō Ozu, Le Goût du saké est un film de goûts au pluriel (du saké bien sûr, mais aussi du Congre). C'est le tout dernier film de Yasujirō Ozu, un an avant sa mort. C'est donc un film testamentaire, ou devrais-je dire doublement testamentaire, puisque le récit lui aussi parle de fin de vie et de passage de témoin. C'est aussi une œuvre miroir à Un Voyage à Tokyo (1953) dans lequel on voyait un couple âgé rendre visite à leurs enfants déjà émancipés d'eux. A contrario, dans Le Goût du saké c'est une personne âgée, qui plus est veuf, qui prend conscience que sa fille est en âge de se marier et qu'il doit de ce fait la libérer de son carcan paternel ... et lui, par conséquent, se retrouver seul.

Le Goût du saké c'est l'histoire de Shuhei Hirayama (Chishû Ryû déjà vu dans Un Voyage à Tokyo) un père veuf qui vit avec sa fille Michiko (Shima Iwashita) et son dernier fils Kazuo (Shin'ichirô Mikami). L'ainé Koichi (Keiji Sada), lui s'est installé en couple. Michiko a 24 ans et il serait peut-être temps qu'elle épouse un homme. Shuhei en prend conscience lors d'une soirée (trop) arrosée donnée en l'honneur de son ancien professeur qui vit seul avec sa fille. C'est bien connu, l'alcool délit les langues. Son professeur, qui est forcément plus âgé que lui, se livre alors à cœur ouvert. Il se plaint d'avoir gâché la vie de sa fille qui ne s'est jamais mariée pour rester avec lui (et qui doit avoir la cinquantaine maintenant). Shuhei se dit qu'il ne peut pas imposer ça à sa fille, tant bien même qu'il se sente seul. Il y a bien son dernier fils, mais sans sa fille et l'ainé déjà parti, il se sait condamné à vivre seul dans un avenir très proche.

Le Goût du saké peut être vu comme un film somme pour Ozu, puisqu'on y retrouve tout ce qui fait la "substantifique moelle" de son style. On a bien sûr les plans fixes à hauteur de tatami, les plans composés, le champ contre-champ ... On y retrouve également tous ses thèmes de prédilection, la solitude, la vieillesse, les traditions, le japon de l'après guerre qui a vécu le traumatisme de la défaite contre les américains ... La culture américaine a d'ailleurs une place très importante dans le film, en témoigne les nombreuses références au baseball et au whisky. Le film baigne aussi dans une ambiance, non pas défaitiste, mais plutôt nostalgique avec ce père qui voit bien qu'il ne rajeunit pas. Ne risque-t-il pas de gâcher la vie sa fille si elle ne se marie pas ? Doit-il refaire sa vie et trouver une nouvelle compagne ? Quoi qu'il en soit, Il contemple sa solitude et craint de finir seul. C'est inéluctable, son fils ainé est déjà parti, sa fille est en âge de se marier et son dernier fils lui aussi est sur le point de quitter le cocon familial (il doit avoir la vingtaine, pas plus).

Le Goût du saké se termine comme dans Un Voyage à Tokyo, dans la solitude. Ce n'est pas un hasard si c'est Chishû Ryû, l'acteur fétiche d'Ozu, qui incarne ce père devenu veuf à la fin des deux films. Dans les deux films, il est sensé avoir la soixantaine et Ozu a d'ailleurs soixante ans quand il réalise Le Goût du saké. Ce vieil homme qui regarde sa propre solitude, c'est donc en quelque sorte Ozu lui-même. Tout Ozu est là !

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Shovel Knight
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Message par Shovel Knight »

J'ai beaucoup moins accroché à celui là qu'à Voyage à Tokyo que j'avais trouvé vraiment subblime
Tu veux un coup d'pelle ?

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Message par Gringos10 »

Tiens, récemment j’ai trouvé un ozu que je ne connaissais pas mais je ne l’ai pas encore regardé
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"Avec le canon d'un flingue entre les dents, on ne prononce que les voyelles"
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Message par Tryphon »

Le Goût du saké c'est un de mes films préférés
C'est un θ, il croyait qu'il était τ, mais en fait il est θ.

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lessthantod
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Message par lessthantod »

Shovel Knight a écrit :
05 juin 2026 13:07
J'ai beaucoup moins accroché à celui là qu'à Voyage à Tokyo que j'avais trouvé vraiment subblime
Moi c'est le contraire, j'ai plus accroché au goût du sake qui est de ce fait mon Ozu préféré.
Le prochain sur ma liste de regardure, c'est Bonjour.

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lessthantod
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Message par lessthantod »

Ce week-end je suis allé voir En nous ...

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En nous, c'est le premier film de Juliette Binoche en tant que réalisatrice. C'est un documentaire sur un spectacle de danse intitulé In I (2008), dans lequel elle s'illustrait auprès d'un vrai danseur et chorégraphe Akram Khan. Nous sommes en 2026, soit presque 20 ans après sa création. Il a été joué partout dans le monde pour 120 représentations en l'espace d'une année et demie. Dans un premier temps, le film retrace donc la création du spectacle. Dans un second temps, on voit le spectacle, une captation de la toute dernière représentation du spectacle. Ceci permet de voir tout le processus créatif, fait de doutes, de craintes et de douleurs, tout ça pour aboutir à un spectacle ayant fait le tour du monde.

Le plus intéressant dans En nous, ce n'est pas le spectacle de danse en lui même, mais le processus créatif. On voit comment se construit un spectacle de danse à partir de rien, qui plus est avec Juliette Binoche qui n'est pas une danseuse de profession. On comprend très vite pourquoi ces deux là, Akram Khan et Juliette Binoche on voulu créer ce spectacle. Le premier cité est un chorégraphe (mondialement) reconnu qui sait donc danser, mais qui ne sait pas jouer la comédie. Dans la même idée, Juliette Binoche est une actrice (mondialement) reconnue qui sait jouer la comédie, mais qui ne sait pas danser. Cette collaboration nait donc d'une envie des deux artistes d'exploiter le terrain de jeu de l'autre.

On voit très bien dans le film comment les deux artistes travaillent d'arrache pied pour se transformer, l'un pour devenir comédien et l'autre pour devenir une danseuse. Au début du film, on les voit apprendre à se connaitre l'un l'autre. Très vite on sent une alchimie naitre, mais on voit aussi tous les ratés, les hésitations, la frustration qui n'est pas loin du renoncement. Heureusement, ils n'ont pas peur du ridicule et se livrent à 100%. Quand Juliette Binoche se plaint à plusieurs reprises d'être essoufflée, le danseur la vanne sur le fait qu'elle devrait plutôt arrêter de fumer. Si comme moi vous aimez savoir comment se font les choses, voir comment se fait le processus créatif, alors vous allez tout de suite adhérer à la première partie du film.

Après la première heure du film, on rentre dans le spectacle en lui-même. On voit l'aboutissement de ces six longs mois de répétitions. C'est à la fois satisfaisant, mais un peu déceptif, puisque c'est une simple captation du spectacle. On pourrait aussi regretter quelques longueurs et pas mal de redites dans les situations proposées. 2h05 c'est un peu long pour un documentaire dont le seul propos est de défendre le processus créatif. Certes, le spectacle est beau et dense d'un point de vue émotionnel, mais on y perd beaucoup d'un point de vue cinématographique. On est juste spectateur du spectacle. Mais peu importe, on ne regarde pas En nous en espérant voir du grand cinéma, mais pour y déceler de jolis moments de vérité, un point de vue intéressant de l'artiste et beaucoup d'émotions.

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dandyboh
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Message par dandyboh »

Actuellement au cinéma avec ma fille pour voir The Amazing Digital Circus. À guichet fermé. Première fois de ma vie que je suis dans une salle dont TOUS les sièges sont occupés. C'est un truc de fou.

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Dernière modification par dandyboh le 07 juin 2026 21:54, modifié 1 fois.
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wiiwii007
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Message par wiiwii007 »

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- "CQ", réalisé par Roman Coppola, sorti en 2001 -

Drôle de film... J'ai eu la sensation de passer à côté de pleins de références du cinéma SF des années 60/70. C'était tellement bizarre à voir ^^

Le pitch : Dans les années 60, un jeune assistant-réalisateur se rend à Paris pour participer au tournage d'un film de science-fiction intitulé "Dragonfly". Les imprévus se multiplient sur le tournage...

On suit donc ce jeune monteur qui devient par la force des choses réalisateur. Le producteur du film veut à tout prix une superbe fin et l'engage dans ce but. C'est kitch et assez space car on jongle constamment entre les deux facettes du jeune réa : sa vie avec sa femme et son envie de réaliser un film d'auteur qui lui correspond, et sa vie pro en tant que monteur/réa. La première se passe chez lui et la seconde sur son lieu de travail.

J'accroche pas trop au délire SF du film dans le film. C'est surement une ref à d'autres oeuvres du genre mais je ne suis pas fan. C'est trop kitch pour moi ^^ Mais j'ai quand même suivi le délire avec attention, j'étais pas non plus désespéré. J'avais une sorte de curiosité, je voulais voir ce qui allait se passer, jusqu'ou le délire pouvais aller... Du coup j'ai trouvé ça sympa sans plus. Entre le navet intersidéral et le curieux.


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- "Vidocq", réalisé par Pitof, sorti en 2001 -

Compliqué celui là... Il y a une proposition, ça c'est certain. Maintenant, me convient-elle ? Non. Pourquoi ? Parce que je n'aime ni la photographie, ni les dialogues, ni le jeu des acteurs, ni les effets spéciaux, ni les plans proposés... Bref j'aime quasiment rien. Je ne nie pas le travail effectué, juste que c'est pas du tout ce que je veux voir à l'écran. L'esthétique ne me convient absolument pas.

Mise à part ça, l'histoire, mouai, pas hyper convaincu non plus mais bon, c'est moins pire que le reste. J'arrive à adhérer à peu près. Bref, j'ai passé mon temps à me demander s'ils avaient pas filmé avec une caméra grand public ^^ J'aime tellement pas ce rendu "amateur/anti cinéma"...

Pourtant j'ai vu qu'il avait été hyper récompensé... J'ai du mal à comprendre, mais ok, pourquoi pas, la beauté de ce cinéma doit m'échapper.


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- "Cœurs inconnus", réalisé par Edoardo Ponti, sorti en 2002 -

Surpris de ce film... C'est très lent et avec une narration pas forcément très prenante. Mais les sentiments montrés m'ont pris... J'ai eu une sorte de fascination sur les regards filmés. Ca m'a fait passer le film, puis bon, plus ça avance, meilleur c'est. Les histoires sont belles et mettent en avant des événements pas faciles à vivre... Il y a beaucoup à prendre dans ce film.

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Antarka
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Message par Antarka »

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Mon gamin est à fond dedans depuis 15 jours, donc j'ai pas mal bouffé ce grand classique que j'avais pas revu depuis le milieu des années 90.

Alors j'aime beaucoup. C'est beau. C'est rigolo. Les personnages sont tous cools. C'est touchant aussi, et je crois davantage en cette histoire d'amour qu'en d'autres chez Disney (pour avoir pas mal bouffé La Petite Sirène y'a peu). Les chansons marchent très bien sur moi.

Pour chipoter, j'avais jamais fait gaffe aux grosses incohérences temporelles du film. Ou disons au fait que la dernière journée est quand même putain de chargée, la saison 8 de GoT c'est que dalle à côté.

J'veux dire, quand Belle et la Bête font les cons dans la neige, Lumière et Big Ben disent bien que l'échéance pour la malédiction, le moment où le dernier pétale de la Rose tombera, c'est "ce soir".

Entre temps, on a donc Belle qui apprend à moitié à lire à la Bête. La Bête qui prend son bain. Leur super dîner ou ils dansent et tombent clairement amoureux. Puis la Bête libère Belle qui s'inquiète pour son père. Elle a le temps de le retrouver, de le transporter au village et de le choyer un peu avant que Gaston arrive et soulève tout le village, qui prend les armes, fait également la route jusqu'au château (qui doit être à 150 mètres du village en fait), puis baston, et enfin le sort est rompu.

Je me plaindrais pu d'avoir des journées trop chargées.

Mais voilà c'était pour le lol. Très bon Disney je trouve. Très qualitatif.
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wiiwii007
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Message par wiiwii007 »

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- "Ma femme s'appelle Maurice", réalisé par Jean-Marie Poiré, sorti en 2002 -

Ca va être rapide, j'ai pas aimé. Pourtant le scénario a tout pour me plaire mais non... Je ne sais pas trop pourquoi, une histoire de gout j'imagine. J'ai pas trouvé ça marrant, ni même agréable à voir. "L'alchimie" entre tous les ingrédients n'est pas là.

Pour moi c'est râté.

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lessthantod
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Message par lessthantod »

Je viens de mater Le cave se rebiffe ...

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Sorti en 1961 et réalisé par Gilles Grangier, Le Cave se rebiffe est l'adaptation du roman du même nom d'Albert Simonin. Il s'agit du second volet de la trilogie sur Max le Menteur, le premier étant Touchez pas au Grisbi et troisième étant Grisbi or not grisbi (renommé Les Tontons Flingueurs pour son adaptation au cinéma). Alors que le film Touchez pas au Grisbi (1954) de Jacques Becker est une adaptation fidèle du roman, Le cave se rebiffe est, tout comme Les Tontons flingueurs (1963) de Georges Lautner, une pure comédie qui parodie les films de gangsters de cette époque. A cela se rajoutent les dialogues mémorables de Michel Audiard, qui font toute la saveur des films de ce fabuleux dialoguiste.

Dans Le cave se rebiffe, Jean Gabin est "le dabe", c'est à dire le maitre, le chef, le boss ... le patron, quoi ! Le patron de quoi ? Le patron d'une bande de monnayeurs, au sein de laquelle nous retrouvons Charles Lepicard (Bernard Blier) le commanditaire de l'opération et accessoirement le tenancier d'une maison close, Lucas Malvoisin (Antoine Balpêtré) le notaire blanchisseur d'argent et Éric Masson (Franck Villard) le truand à la petite semaine dit "le grand con". Et puis, nous avons Robert Mideau (Maurice Biraud) dit "le cave", un graveur hors-pair un peu naïf sur les bord (d'où son surnom, le cave). Le dabe va devoir composer avec la bêtise de l'un, la fourberie d'un autre et la vanité du dernier. Au contraire, il va apprécier la bonhommie du cave qu'il va prendre sous son aile.

Le film a un petit côté théâtral quand on se retrouve dans la pièce principale de la maison close avec son immense escalier central. C'est très vaudevillien, avec les personnages qui rentrent et sortent de la pièce en coups d'éclats. Les dialogues percutant et mélodiques de Michel Audiard y sont pour beaucoup aussi. Comme tout bon vaudeville, c'est drôle, grinçant et surtout très bien rythmé. On ne s'ennuie pas une seul seconde et le montage aidant, on a pas le temps de souffler. Et il ne faudrait pas sous estimer l'apport de Gilles Grangier qui est bien plus qu'un exécutant, c'est un véritable auteur et collaborateur pour Michel Audiard. On sent le savoir faire dans la mise en scène et dans le montage du film, c'est très efficace.

Le cave se rebiffe contient son lot de répliques cultes, certaines parmi les plus mémorables de Michel Audiard : "- L'honnêteté, ça se paye !" ; "- Faire confiance aux honnêtes gens est le seul vrai risque des professions aventureuses." ; "- En admettant qu'on soye cinq sur l'affaire. Cela rapporterait net combien à chacun ? - Vingt ans de placard ! Les bénéfices ça se divise, la réclusion ça s'additionne !" ; "- Ça court les rues, les grands cons ! - Ouais ! Mais celui-là c'est un gabarit exceptionnel ! Si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon ! Il serait à Sèvres !" ; "- C'est marrant que vous m'ayez reconnu tout de suite ! - On m'avait fait un portrait parlé ! Je ne pouvais pas me tromper." C'est très difficile de choisir des répliques dans Le Cave se rebiffe, y'a rien à jeter !

Même avec les meilleurs dialogues au monde, sans d'excellents acteurs, on arrive à rien. Et pour le coup, on a le droit à des pointures, à commencer par Jean Gabin. Les dialogues de Michel Audiard ne sonnent jamais mieux que quand ils sortent de la bouche de Jean Gabin. Il donne toute sa dimension au dabe. Et puis il y a Bertrand Blier, qui nous régale de nouveau dans le rôle du commanditaire avec son petit sourire mielleux et fourbe. Son potentiel comique est immense et ça Michel Audiard sait parfaitement l'exploiter. Le cave c'est Maurice Biraud, qui caractérise bien ce gars gentiment naïf. Et pour finir, dans le rôle du "grand con", c'est Franck Villard qui est absolument parfait, tellement convaincant qu'il en volerait presque la vedette à tout le monde.

Bref, Le cave se rebiffe est aussi drôle et percutant même plus de soixante ans. On reconnait la patte inimitable de Michel Audiard dés les premières lignes de dialogues. Je ne crois pas connaitre d'autre auteur/dialoguiste qui ait autant marqué de son empreinte les films qui portent son nom. Avec Les Tontons Flingueurs, c'est peut-être le film qui offre le meilleur du meilleur des dialogues de Michel Audiard.

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