

Je dois le reconnaitre : j’ai débuté Dragon Quest 2 à reculons et on peut être d’accord jouer à reculons c’est dur. Il faut dire ces derniers mois j’ai enchaîné Dragon Quest 3 2D-HD remake puis Dragon Quest 1 2D-HD remake. La perspective de reprendre un dragon quest ne m’enchantait guère pour deux raisons. D’une part tous les jeux Dragon Quest se déroulent dans le même univers donc avec les mêmes villes, grottes, sanctuaires. Il y a le risque d’un effet de redondance, cela était particulièrement flagrant entre le 1 et 3. D’autre part enchaîner le 1 et 3 avait mis en évidence le caractère assez suranné du 1. Jouer au 3 qui est presque moderne dans ses aspects de gameplay puis enchainer avec le 1 qui est un jeu admirable pour son époque, qui a posé toutes les bases du JRPG mais qui est quand même assez vieillot sur certains aspects, cela m’avait causé un certain choc
Si bien que j’appréhendais un peu l’idée de jouer à nouveau à un jeu antérieur au 3, avec encore ce risque d’un gameplay un peu ancien.
Le début du jeu Dragon Quest 2, avec son héros mutique, n’était pas très encourageant. Mais je dois le confesser Dragon Quest 2 a totalement réussi à me conquérir.

Je pense même que pour l’époque c’est un chef d’œuvre. Sorti en 1987 soit à peine un an après Dragon Quest premier du nom, Dragon Quest 2 repense totalement le jeu.
Là où Dragon Quest 1 ne connait qu’un héros. Dragon Quest introduit une équipe avec des personnages dont le rôle sera perpétué par quasi toutes les séries de JRPG. Le gros guerrier qui enchaine les coups, qui frappe fort mais qui n’a aucune magie, la magicienne qui soigne, la magicienne qui attaque avec de sorts puissants et qui modifie l’état des ennemis ou des héros.
Le jeu n’est pas totalement moderne en ce sens qu’il ne propose pas d’interactions entre les héros durant un combat, pas d’attaque groupée, pas de combinaison de sorts, pas de discussion, pas de provocation envers l’ennemi.
Mais il compense en essayant de créer un esprit d’équipe. C’est un ajout de ce remake. Les personnages ont régulièrement des petites conversations entre eux pour parler de leur humeur, de leurs sentiments face à la mort de leur famille, de leur combat, de leur inquiétude, de la vie en tant que frère et sœur. Ce n’est pas très profond. Mais cela a le mérite de mettre en évidence comment les liens entre les personnages se resserrent. C’est un bon ajout.
Le jeu reprend les bases de gameplay et l’univers du 1 mais tout a été amélioré. Il y a beaucoup plus de possibilités, de lieux, de secrets.
Le jeu commence doucement, de façon très traditionnelle puis il approfondit l’univers et la quête puis il approfondit l’univers et la quête puis il approfondit l’univers et la quête jusqu’à arriver à une boucle finale assez impressionnante.
Le premier contrepied arrive assez vite. Le grand méchant de Dragon Quest 1 apparait dans le 2 mais il prétend être gentil. Cela constitue une excellente idée parce que nous sommes confrontés à nos propres sentiments. Doit-on lui faire confiance ? c’était une enflure dans le 1 et il serait désormais devenu gentil ? je n’y crois pas, je suis sur qu’il va se révéler…ou alors cela illustre que les humains et les monstres ne sont pas voués à être des ennemis et que tout le monde est manipulé par des sentiments intérieurs ou des forces extérieures supérieures.
Le jeu propose de diriger un bateau mais désormais il est possible à un moment de l’aventure d’aller sous l’eau.

Il existe des quêtes annexes qui vont enrichir l’histoire et permettre de récupérer des objets d’équipement uniques.
Certains personnages secondaires ont une vie à raconter comme la reine des sirènes ou Eugène (je ne peux en dire plus).
Les boss prennent enfin un peu d’épaisseur. C’est un immense point faible du 1. Le 2 y remédie en introduisant des demi-boss vraiment intéressants que ce soit pazuzu, Atlas, Belial ou Marielle. Tous ne sont pas géniaux mais certains ont une histoire, une ambition personnelle, des désirs.




Le joueur collectionne les objets qui lui ouvrent à chaque fois un nouveau pan de l’univers. Du grand classique.
Jusqu’à l’épreuve finale ou c’est ce que l’on croit.
Epreuve qui deviendra classique par la suite, l’enchainement de demi-boss avant de combattre le grand méchant.
Et voilà le grand méchant est mort, vous pouvez aller dans les principaux lieux du monde pour recevoir les félicitations des personnages croisés dans l’histoire, jusqu’à votre famille.
Le jeu vous propose de sauvegarder. On se dit qu’il doit y avoir un new game +, tu recommences au début mais avec toutes caractéristiques et ton équipement.
Que nenni !
Si tu reprends ta sauvegarde, tu comprends qu’il y a une autre fin. La bonne fin. Et là c’est beaucoup plus dur. Un ami te propose de le combattre pour améliorer ton équipement. Mince, il est presque plus fort que le boss final.
Tu dois enchaîner encore quelques épreuves et là c’est le boss final.
Je l’ai eu. La vraie fin débute. SAUF QUE…..
Dans la vraie fin tu peux acheter des équipements incroyablement puissants. Et tu sauvegardes.
NEW GAME + ?
Non en reprenant ta sauvegarde, tu récupères ton personnage boosté comme jamais avec les équipements achetés mais avant le boss final.
Tu peux alors parcourir le monde pour découvrir ses derniers secrets : boss secondaires cachés, lieux secrets.
Et aller combattre le boss final ou pas…. Puisqu’une sauvegarde ramènera encore avant le boss final mais avec toutes les améliorations.
Dans un final qui brise le quatrième mur, le joueur se retrouve à communier avec les héros qui ne veulent pas se quitter pour devenir rois ou reines. Ils veulent continuer l’aventure et toi le jeu.
75 heures de jeu, je suis rincé



