
La Fin d'Oak Street est le dernier film en date de David Robert Mitchell, un réalisateur que j'aime beaucoup, surtout pour It Follows (2014) dont j'attend impatiemment la suite They Follow prévue pour 2027. Mais entre-temps, il s'est attelé à ce projet de science-fiction "familial" et avec des dinosaures, dont le budget est estimé à 85 millions, soit 85 fois plus que pour It Follows. C'est dire si la pression est grande sur les épaules du réalisateur, surtout que c'est un projet qui semble lui tenir à cœur. J'imagine que, tout comme moi, David Robert Mitchell est un enfant des années 80. Ce n'est donc pas un hasard si dans La Fin d'Oak Street les évènements se déroulent durant les années 80, certainement pour raviver la nostalgie qui sommeil en nous, avec les nombreuses références au cinéma de Steven Spielberg (Jurassic Park et Le Monde Perdu) et des productions Amblin (Retour vers le Futur et Les Gremlins pour n'en citer que deux). La société de production Bad Robots de J.J. Abrams est d'ailleurs rattachée au projet, sachant que le petit Abrams est l'un des plus grands admirateurs de tonton Spieberg.
Dans La Fin d'Oak Street, on va suivre la famille Platt, la mère Denise (Anne Hathaway), le père Greg (Ewan McGregor) et les deux enfants Audrey (Maisy Stella) et Brian (Christian Convery), qui en apparence semblent former une famille modèle ... mais seulement en apparence. On sent bien que qu'il y a des tensions entre Denise qui se sent insatisfaite (elle s'essaie à l'écriture d'un roman) et Greg qui accumule les petits boulots (livreur de pizzas) et boit en cachette. Quant à Brian, le jeune fiston, il semble être quelque peu turbulent. Sans oublier le chien Starbuck qui fait des siennes dans le jardin du voisin casse-pied (PJ. Byrne). Mais quant est-il d'Audrey, me direz-vous ? Rien de particulier, si ce n'est qu'elle semble se questionner sur son orientation sexuelle, étant attirée par la nouvelle voisine prénommée Jeanette (Jordan Alexa Davis). Mais le fond du problème est ailleurs, puisqu'ils devront tous s'unir, le chien y compris, pour faire face à des dinosaures. En effet, tout le quartier dans lequel ils résident va se voir transporté à l'époque du Trias/Jurassique, il y a plus de 200 millions d'année. Du jour au lendemain, ils devront donc survivre dans un milieu hostile, tant bien même qu'ils puissent se cacher dans leur maison et au milieu de leurs voisins.
La Fin d'Oak Street est une véritable madeleine de Proust, du cinéma d'avant comme on en fait presque plus, ou tout du moins une tentative du cinéma d'avant. Les hommages aux films et la musique du début des années 80 font irrémédiablement sourire. Le film aurait pu sortir tel quel dans les années 80/90, si ce n'est les effets spéciaux calibrés années 2020. A de rares exceptions prés, les CGI sont bien gérés. Les dinosaures sont très réalistes et possèdent même des plumes. Maintenant on le sait, beaucoup d'entre eux avaient un certain degré de plumes. J'apprécie également cette approche plus intimiste de la part de David Robert Mitchell, avec cette petite famille au bord de la crise de nerfs, que les conséquences d'une menace d'ampleur mondiale vont amené à devoir se ressouder.
David Robert Mitchell ne délaisse pas pour autant le côté jouissif d'avoir des dinos à l'écran. On a de très beaux plans séquences où les dinosaures chassent les humains et certaines mises à mort sont bien sanglantes, plus sanglantes que ce qu'on a l'habitude de voir dans la saga Jurassic Park. De plus, il gère très bien le rythme et les espaces. Il sait ménager le suspense et prend son temps avant de nous plonger dans l'action. Il faut attendre une bonne demie heure avant de voir le premier dinosaure et les première gouttes de sang, mais à partir de ce moment là, ça monte crescendo dans l'horreur ...
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