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Le sport, du yoga au foot, en passant par le cricket !
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Kek-de-Mars
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Message par Kek-de-Mars »

Je remets un pavé... L'interview de Benatia dans France Football. Je crois qu'à propos de la mentalité des mecs, il a raison à 100%. Pour le reste, je crois aussi que Adolpho Longoria a très mal géré et que Mc Court a cautionné en le laissant, année après année, et en lui filant une promotion.


« Dans quel état cette aventure marseillaise vous a-t-elle laissé ?
Un peu triste. Je voulais cette qualification en Ligue des champions. Je ne me plains pas, on est privilégiés, mais ça m'a épuisé. C'était une guerre de tous les instants. À raison ou à tort, j'ai choisi d'être moi-même, de ne jamais tourner le dos à un problème, de nettoyer le club.

Vous disiez "enlever la médiocrité". Y êtes-vous parvenu ?
Non, elle est encore présente. Pas comme avant, mais elle est malheureusement bien ancrée. J'ai demandé qu'on applique ce que j'avais vu en Italie, en Allemagne, de la discipline sur des principes de vie, des horaires. Mais le bâtiment (à la Commanderie) est tellement rempli de médiocrité. Là-bas, être le meilleur ami du joueur est plus important que faire respecter les règles. Avec Roberto (De Zerbi), on a essayé de lutter contre ça. Mais même lui n'en pouvait plus et a préféré partir (en février dernier). J'espère que les gens en poste ont cette envie d'assainir. Avec Genesio, ils ont ramené un très bon coach. Greg (Lorenzi, directeur sportif)a prouvé à Brest. Et j'espère qu'on verra éclore des jeunes de la formation, où Titou Hasni (directeur du centre) fait un travail monstrueux. Je redeviens supporter, avec le droit de payer mon ticket et d'aller au stade.

C'est définitivement fini avec l'OM ?
Je ne suis plus sous contrat depuis le 18 mai. Mais ç'a mis du temps pour que Greg arrive, donc, fin mai, Shéhérazade (Semsar de Boisséson, vice-présidente du conseil de surveillance)m'a demandé si je pouvais donner un coup de main sur le mercato. Quand un directeur sportif m'appelait, je faisais le topo sur la situation du joueur et le renvoyais vers le club. Greenwood (parti à Fenerbahçe), j'étais dans les calls. Je l'ai fait pour aider. Mais tout ça est terminé.
Toute l'actualité de l'OM

Dans quel état avez-vous laissé l'OM ?
J'ai laissé l'OM (5e de L1) en Ligue Europa, et ce n'était pas l'objectif. Ça, c'est la responsabilité du sportif : moi, les coaches Roberto puis Habib (Beye). Mais pour ceux contents d'écrire que c'est Benatia qui a laissé l'OM dans cette situation financière, avec 15 joueurs sur 23 à vendre, j'y suis pour quoi ? Les 35 mouvements par mercato, ça existait avant mon arrivée. Donc c'est facile. Les soucis financiers, je les ai découverts en janvier, au Koweït. Avant le Trophée des champions (face au PSG, 2-2, 1-4 aux t.a.b.), réunion avec Pablo (Longoria)... (il se reprend), avec l'ancien président, et Frank (McCourt).

Là, je comprends qu'il faut vendre. On est alors sur le podium, on ambitionne d'aller plus haut, donc je dis : "OK, mais on va pouvoir se renforcer ?" Petit froid et, pour la première fois, Frank monte dans les tours : "Mais tu ne vois pas la situation ?" Moi : "On a ramené gratuit CJ Egan-Riley, Aubameyang, Angel Gomes ; Medina et Traoré, en prêts avec option ; Merlin, Rongier, Luis Henrique vendus. Boss, pourquoi vous nous parlez comme ça ? Par rapport à ce qu'on s'est dit à Miami (en fin de saison 2024-2025), on est dans les clous. Qu'est-ce qui a changé ?" Lui comprend que je ne suis pas au courant, et moi je comprends qu'avec De Zerbi on n'est au courant de rien.

Faut vendre pour 30 M€, donc je cède Robinio Vaz (AS Rome) et Bakola (Sassuolo), qui ne voulaient pas prolonger, je fais des prêts pour alléger la masse salariale. Mais j'en veux à la terre entière. J'étais soumis au board, au conseil d'administration autour de Frank, en dessous le président, le seul interlocuteur jusqu'en janvier avec McCourt. Au Koweït, j'ai compris qu'il y avait des choses qui ne tournaient pas rond. Après, j'ai fait un mail comme ça.

À qui était-il adressé ?
Frank, Shéhérazade, au conseil d'administration. (S'adressant à nous, exposant un document sur son téléphone.) En deux ans et demi, voilà la balance de mes transferts. Les êtres humains peuvent mentir, pas les chiffres. On a vendu pour 259 M€, on a acheté pour 275. Quand j'arrive (en novembre 2023), l'OM est encadré par la DNCG. Qui est le responsable ? Je n'étais pas là. Et à cette période, ils avaient le CVC, les aides Covid, les droits télé. Donc tu ajoutes 100 M€ dans les caisses. Depuis des années, l'OM a la deuxième masse salariale de L1 après le PSG. Et ça fait quatorze ans que l'OM ne se qualifie pas deux années de suite en C1. Malgré les salaires, les transferts, les coaches... Ils sont tous mauvais, les mecs, pas de problème. Aujourd'hui, tu as le même train de vie mais avec 100 M€ de moins (qu'à mon arrivée).

Comment évaluez-vous votre passage ?
On a raté la Ligue des champions, l'objectif principal, mais pour faire un bilan, il faut tout prendre. Directeur du foot, je devais ramener un bon entraîneur et un bon effectif. Est-ce que l'équipe était suffisamment forte ? Tout le monde le dit : tous les jours ! Là où on a failli, et c'est notre responsabilité, à moi et aux coaches, c'est sur la mentalité, faible, catastrophique. Ils ont choisi leurs matches. Super à Madrid (1-2, 16 septembre 2025 en C1), alors qu'ils se connaissent depuis trois jours. Bergame à domicile (0-1, 5 novembre 2025), tu ne fais pas trois passes.

À Bruges (0-3, 28 janvier), c'est une humiliation. Le Nantes de cette saison était le plus faible depuis que je regarde la L1, ils nous ont pris six points (0-2, 0-3). Inadmissible. À Lorient (0-2), eux ne jouent plus rien, c'est une faute professionnelle. Deux points de plus et une qualification en C1, on fait la fête, c'est top, stable. L'avenir de ce club était dans nos mains. Et quand je parle, j'y serais allé un peu fort ? Les joueurs, faut pas toucher. J'ai été joueur, je sais ce que c'est, j'ai aussi bénéficié de ça.

Non, désolé. C'est l'accumulation. J'ai vu les vidéos des joueurs en Côte d'Ivoire (en stage d'avant-saison cet été) qui dansent, chantent. Demandez à McCourt s'il a envie de chanter. Je ne suis plus à l'OM mais je ne suis pas parti à l'autre bout du monde travailler, me cacher. En ville, on me dit : "On est dégoûtés, qu'est-ce qu'il s'est passé ?"

Et donc, que s'est-il passé ?
Le départ de Roberto a fait beaucoup de mal. On me dit : "On lui en veut, on y a cru et il nous a lâchés." Non ! Ce n'est pas quelqu'un qui lâche, il se bat. Quand on reçoit Nantes (0-2), il finit sa causerie, il transpire, il a les yeux rouges, il est dans un état second. Même moi en costume j'ai envie de jouer. Sur le terrain, ce que tu vois ne va pas avec son discours : pas une course vers l'avant, pas un duel gagné...

Après Bruges, il n'est même pas révolté, je me dis que c'est fini. Il est meurtri. On va à Clairefontaine au vert (en janvier), je parle avec Kondo (gbia), Höjbjerg, Balerdi, Auba (meyang)."On ne peut pas foutre la saison par terre. Le coach est mon ami mais si vous avez un problème avec lui, dites-le, je trouve une solution. Si c'est avec moi, je m'en vais. Si c'est autre chose, je suis là. Mais dites-moi pourquoi vous choisissez vos matches !" "On n'a pas de problème, on ne comprend pas nous non plus, c'est dur." Ils sont partis voir le coach : "Reste, on a besoin de toi." Moi, je lui dis : "Je te comprends, je suis abattu moi aussi. On n'arrive pas à leur donner ce qu'on a à l'intérieur, ce feu. Tu veux faire quoi ?" Il a envie de se battre, on continue.

Paris nous en met 5 (8 février), si t'en prends 9, y a rien à dire. Quand c'était la tempête, on n'a pas su préserver le coach. S'il avait tenu, la fin aurait été différente. Quand il veut partir, je le comprends et lui dis : "Je suis dégoûté, mais tu as raison."

Vous n'essayez pas de le retenir ?
Après Paris, non. En début de saison, après Lyon (0-1, 31 août 2025), il était furieux et voulait déjà partir. Je lui avais dit : "Calme, on va y arriver." Le lendemain, on fait Aguerd, Emerson, Pavard, et il est content. Mais à la fin, moi-même j'étais à bout. Et quand je parlais aux joueurs, "non, on l'adore le coach". "Comment ça, tu l'adores ? Tu ne l'écoutes pas !" Donc après Paris, je lui ai dit : "Tu peux partir. C'est notre échec, je pars avec toi."

C'est là que vous décidez de démissionner ?
La réunion au Koweït avait été un point de rupture. Mais je n'avais pas décidé de partir. J'étais très agacé : "Je me bagarre et je découvre les finances." Je me suis senti trahi.

Par Pablo Longoria ?
Je me sens trahi en raison de la situation. Quand les versions diffèrent, j'adore faire un tour de table. Personne ne peut mentir ou s'échapper. Moi, la différence, c'est que, quand j'ai quitté Marseille, j'ai demandé zéro, pas signé de truc de confidentialité. Pas besoin d'acheter mon silence. Ce que j'ai à dire coûte trop cher, ça n'a pas de prix la vérité. Prétendument j'étais derrière les banderoles ("McCourt/Longoria cassez-vous !", contre Strasbourg, le 14 février).

Les gens disaient : "Bizarre, Benatia n'était pas dessus." Personne ne va m'utiliser. Les supporters viennent, je les écoute. Quand ils ont raison, je le leur dis. Quand ce n'est pas le cas, je le leur dis. L'équipe leur a fait honte, je vais leur dire "vous exagérez" ? Non, plutôt : "J'ai eu honte moi aussi, mais on a besoin de vous, ne sifflez pas les joueurs." Soi-disant, je devais passer président. J'ai dit "ça ne m'intéresse pas" devant les supporters. Le boss (McCourt) a dit : "Je prends note. Medhi avait émis le souhait de partir, je l'ai fait revenir, je crois en lui."

Il vous convainc à la condition que Longoria s'en aille ?
Pas du tout. Je pose ma démission parce que j'ai failli (il l'annoncera publiquement le 15 février sur les réseaux sociaux). L'entraîneur a décidé de partir parce qu'il ne trouve pas la formule pour que l'équipe joue deux matches d'affilée avec la même intensité. Directeur du foot, je suis responsable aussi de ça. Je demande zéro, juste à partir. On se voit à Paris (avec McCourt)."Medhi, qu'est-ce que je peux faire pour que tu restes ?" "Rien, je ne veux plus continuer, je n'ai plus de force" "On va changer ça, ça, ça, mais j'ai besoin que tu restes. Tu sais ce que j'ai fait pour ce club, comme ce projet est important pour moi, s'il te plaît, fais un effort." Je réfléchis, il est tard. Il me dit : "Demain matin, on prend l'avion, on parle aux joueurs, aux supporters, on avance avec un entraîneur, mais j'ai besoin de toi pour finir. " "OK mais vous me signez les papiers pour que je parte à la fin de la saison." Il me dit : "Promis."

Mais il vous dit que Longoria...
(Il coupe.) Oui, il me dit qu'ils sont en train de trouver un arrangement. Quand tu donnes beaucoup, t'as besoin d'un peu de reconnaissance. Je l'ai eue avec le boss (Frank McCourt). Il n'y a qu'à voir la petite lettre de départ. Demain, je le croise à l'hôtel, je sais qu'il va me prendre dans ses bras. J'ai voulu travailler pour l'OM. Quand un joueur n'est pas comme tu aimerais dans son comportement, tu mets un con, un méchant - en général, moi - pour lui dire ses quatre vérités. Derrière, le coach passe : "Ce qu'il te dit, c'est pour toi, tu dois améliorer ça. Je vais t'aider." Avec cette génération qui n'a plus beaucoup de passion, l'entraîneur doit avoir la bonne pommade pour bien masser. Là, ils arrivent à courir, marquer. Si t'es trop franc du collier : "Ah, le coach, c'est bon, de toute façon nous, on a cinq ans de contrat, lui ils vont le sortir dans six mois."

Ce sont les joueurs qui décident ?
Aujourd'hui, les joueurs décident. Souvent, le coach ne peut pas se lâcher en conf', alors il déclare "c'est moi le fautif". Pas un qui a gagné un duel mais c'est lui le fautif. Je veux bien, une, deux, trois fois, mais à un moment donné... On parle de mecs qui gagnent 2-3 millions par an. Et quand il y a une défaite, il ne faut rien leur dire. Quand les supporters mécontents veulent les rencontrer, il ne faut pas non plus. Le football, c'est pour les amoureux, les passionnés, ça se vit à 2 000 %, pas à moitié, en tout cas pas à l'OM. Aux joueurs qu'on faisait signer, avec Roberto on leur disait : "On sera là. Par contre, il faut donner le coeur et la tête." Certains n'ont rien donné de ça.

Vous étiez défenseur. Avez-vous marqué un but contre votre camp à l'OM en tant que dirigeant ?
Si j'ai commis des erreurs ? Oui, sur deux joueurs, on s'est trompés. Je ne vais pas les citer, ce serait irrespectueux.

Vos plus belles réussites ?
Roberto De Zerbi (en juin 2024). Le Bayern Munich, Manchester United l'avaient appelé. Joueur, il se prenait pour Chris Waddle qu'il aimait beaucoup. Du coup, il a toujours éprouvé une attirance et du respect pour l'OM. Il m'a dit : "Le club m'avait contacté par le passé mais ça ne m'avait pas tenté. Là, t'as réussi à me rentrer dans la tête." Très fier aussi d'avoir convaincu un top joueur comme Adrien Rabiot (en septembre 2024), même si ça ne s'est pas fini comme on voulait. Joueur monstrueux.

Les deux plus belles réussites que vous donnez sont inachevées.
Roberto a été lassé de ne pas trouver la solution à ces hauts/bas. Adri, je n'ai pas envie de revenir sur ce qui s'est passé (bagarre avec son coéquipier Jonathan Rowe, 15 août 2025). C'est regrettable.

C'est vers vous qu'il est venu s'excuser ?
Non. Il n'est pas venu s'excuser. Personne ne s'est excusé... Deux jours et demi après, quand on les a convoqués, ils ont reconnu une erreur.

Ç'aurait pu en rester là ?
Comment ça ?
Ils sont convoqués, ils viennent, ils reconnaissent.
Les gens ne veulent pas comprendre. L'autorité du vestiaire, c'est De Zerbi. Lui est arrivé en essayant d'appeler au calme. Et ça s'envenime rapidement. La décision (de se séparer des deux joueurs), on l'a prise tous ensemble. Le coach nous a dit : "Mais comment je fais maintenant dans le vestiaire ? Demain je peux parler et le joueur il parle à côté ? Ils vont se foutre sur la gueule, moi je suis là..."

Quand tu connais l'homme, impossible. C'est comme si moi, dans mon bureau, j'ai deux scouts qui se foutent sur la gueule. Je me lève, demande d'arrêter et ça continue. Le lendemain, je les vire les deux. Vous ne m'écoutez pas quand je parle ? Je sers à quoi ? Je suis ton supérieur. Quand il y a une réunion à 11 heures, les joueurs doivent attendre dans la salle à 10h55. Et l'entraîneur arrive à 59. C'est trop demander ? S'il ne faut plus de règles, les laisser jouer à la Play, arriver en claquettes, la casquette et tout, bon bah OK, peut-être...

Cette exigence n'existe plus aujourd'hui ?
Je ne dis pas ça. C'est encore important dans certains clubs. Mais quand je parle avec des directeurs, ça revient. C'est une nouvelle génération. Avec ça (il montre le téléphone), ils ont une faculté à rester concentrés très peu de temps, même en réunion. Avec Pep (Guardiola au Bayern Munich), on avait des réunions, pfff, quarante-cinq minutes. Aujourd'hui, t'en fais une de quinze, t'as l'impression que tu leur as pris un rein.

Sur les programmes de pré-saison que tu donnes, combien vont prendre un prépa et bosser en vacances ? Quand tu perds et que t'as été fautif, que tu sois l'attaquant qui mange la feuille ou le défenseur qui perd son marquage, combien ne sont pas bien ? Ils passent à autre chose. Pas tous, hein, mais 80 %. Après Lorient, on leur annonce qu'ils vont passer plus de temps ensemble à la Commanderie : "Ah non mais pourquoi, on est punis ?" Les agents appellent : "Non mais attends, ça ne va pas..."

Si vous aviez une chose à refaire, différemment, quelle serait-elle ?
Quand j'ai posé ma démission après Paris, je ne serais pas revenu. Je serais parti en même temps que le coach.

Le choix de Beye était le bon ?
Aujourd'hui non, mais au moment où on le fait... Pas un entraîneur ne vient à l'OM pour quatre mois. On part sur un contrat de dix-huit, sinon le vestiaire va le voir comme un intérimaire, mais accord entre le club et ses agents - si on finit quatrièmes c'est comme ça, cinquième c'est comme ça -, chacun connaît sa mission et son objectif. Le but est de se qualifier en Ligue des champions et gagner la Coupe de France. Habib, on ne peut pas lui enlever son attachement à l'OM. À ce moment-là, tu ramènes qui, Xabi Alonso ? Quand tu perds Rabiot, tu sais que tu ne trouveras pas plus fort. Quand tu perds De Zerbi, tu sais que tu ne retrouveras pas un entraîneur comme lui.

L'OM, pour vous, c'était trop tôt ?
Non. De très expérimentés sont venus et se sont cassés la gueule. Ce club, je sais comment il fonctionne. Quand je parlais de poison, de toutes ces métastases de l'intérieur... Si tu veux vraiment changer ça, il te faut une posture forte, de tout là-haut, tu ne peux pas y aller à moitié. Sauf que là-bas tu peux toucher à tout, mais jamais aux intérêts de certains. Après, mon plus grand regret est de ne pas avoir réussi à porter l'OM deux saisons de suite en Ligue des champions.

Il y a eu aussi vos propos dans The Bridge : "Dans trois, quatre, cinq ans, si Nasser a besoin de moi et que ça doit être dans un rôle au Paris-SG et que ça me plaît... Je ne dois rien à personne, moi !"
Je répondais à la question qui dérange("Si on te proposait d'être directeur de Paris, est-ce que tu accepterais ?") et ç'a été mal interprété. Le message n'était pas "si Nasser (Al-Khelaïfi) m'appelle demain, j'y vais". J'ai une belle relation avec lui, donc, si, dans quelques années, il m'appelle et que c'est bien pour moi, j'irai. Je suis libre. Je dois quoi ? À qui ? J'ai essayé de servir l'OM dans l'intérêt du club. Le PSG est le rival, et alors ? On est des pros, on travaille. Je fais ce que je veux. C'était ça le message. Pas du tout un appel du pied.

Qu'allez-vous faire ces prochaines semaines ?
Profiter de ma famille, partir en vacances. Je me suis remis à la salle, il me reste quelques kilos à perdre. Padel, regarder les matches, me déplacer, c'est toujours agréable d'aller à Bernabeu, San Siro, Rome, Turin, au Barça. Consultant ? J'ai été contacté. Le foot est ce qui m'anime, donc ce n'est pas impossible. Directeur, agent, ce n'est pas prévu dans l'immédiat. J'ai eu des avances d'Arabie saoudite, d'Angleterre, mais je ne suis pas prêt à repartir sur un autre projet. »

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Gringos10
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Message par Gringos10 »

Édifiant...
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GuiM
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Message par GuiM »

Il se donne le bon rôle...

Au final son recrutement a été catastrophique (ils sont tous repartis, non?).
Aucune plus value lors de revente.
Aucun jeune ou coup de dénicher.
Le contexte était difficile mais connu.

Puis le choix de Beye, c'était évidemment que ça ne marcherait pas.
Balerdi, fallait le vendre ou le mettre à la cave.

Aujourd'hui, à l'OM il n'y a plus rien... Plus d'argent et plus d'équipe (mais Balerdi est toujours là...).

Longoria a tout ruiné mais Benatia n'a rien sauvé.
Au lieu de viser des "noms" à fort salaire, fallait viser moins ronflant et plus sérieux.

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Kek-de-Mars
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Message par Kek-de-Mars »

GuiM a écrit :
09 août 2026 08:02
Il se donne le bon rôle...

Au final son recrutement a été catastrophique (ils sont tous repartis, non?).
Aucune plus value lors de revente.
Aucun jeune ou coup de dénicher.
Le contexte était difficile mais connu.

Puis le choix de Beye, c'était évidemment que ça ne marcherait pas.
Balerdi, fallait le vendre ou le mettre à la cave.

Aujourd'hui, à l'OM il n'y a plus rien... Plus d'argent et plus d'équipe (mais Balerdi est toujours là...).

Longoria a tout ruiné mais Benatia n'a rien sauvé.
Au lieu de viser des "noms" à fort salaire, fallait viser moins ronflant et plus sérieux.
Beau rôle, ok, il dit quand même qu'avec le départ de De Zerbi(te), il tire les conclusions qu'il doit suivre et je suis ok avec ça

Recrutement catastrophique, ok, il le dit lui même dans la mentalité Il parle aussi de 2 joueurs dont il ne cite pas les noms. Je dirais Moumbagna dont le niveau est celui d'un joueur de district dixit JM Larqué (Benatia était-il arrivé? Je crois que oui) et l'autre, faudrait que je me replonge dans tous les transfert qui ont été fait sous sa mandature...

Aucune plus-value lors des reventes, je dirait non, il y a Vaz et Bakola qu'il a bien valorisé. Il dit que sa balance achat/vente est presque à l'équilibre ce que je veux bien croire. Par contre quid de la masse salariale? A mettre en rapport avec le niveau réel des types et leur mental friable.

Aucun jeune déniché, oui, mais vu le projet présenté, à savoir être toujours le dauphin du QSG et pérenniser la Champion's League, c'est pas le but non plus.

Beye, moi, je prenais. Et comme il te dit, qui à part un mec qui à l'OM dans le sang vient pour une pige de 4 mois?

Balerdi, ça fait des plombes qu'on sait qu'il est grave sur-coté. Mais comme t'as peur de perdre une valeur marchande, tu continue de l'aligner jusqu'à ce qu'une offre tombe, mais comme les autres savent qu'il est nul, l'offre au prix que tu en espère ne tombe jamais...

Je le dis souvent mais les responsabilités de ce fiasco retombent d'abord sur:
1) Longoria et sa méthode inspiré de la pyramide de Ponzi
2) Mc Court dont c'est le pognon, qui cautionne et qui malgré les signaux (et les contrôles ?) le maintient, le renforce. Il n'avait qu'une chose à lui dire aux premiers dérapages budgétaires, "au revoir et bon vent". Il n'a jamais su le faire, je ne sais pas ce qu'Adolpho Longoria lui a fait ou lui a dit pour le charmer comme ça, mais venant d'un amerloc à la culture du business, c'est très surprenant (et décevant?).

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corwin29
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Message par corwin29 »

il faut rappeler un élément basique.

Mac Court n'est pas venu parce qu'il aime le foot ou l'OM. il est venu parce qu'on lui a dit que s'il investissait dans le foot, il obtiendrait des contrats pour des projets immobiliers notamment des parkings, des immeubles etc... on lui dit qu'il allait pouvoir racheter le parc chanot et construire des commerces, des activités autour du stade. il se croit à Los Angeles comme il a fait avec les dodgers.

donc il n'a jamais eu l'intention de gérer à l'équilibre le club en vendant des joueurs. Même aux Etats unis cela n'est pas possible. il sait que son équipe va être en déficit mais il compte se rattraper ailleurs.

Longoria s'en est quand même bien sorti parce que les soupçons de malversations ont été nombreuses avec ses 15-20 transferts par an.

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Kek-de-Mars
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Message par Kek-de-Mars »

corwin29 a écrit :
09 août 2026 12:14
Longoria s'en est quand même bien sorti parce que les soupçons de malversations ont été nombreuses avec ses 15-20 transferts par an.
A mon avis, il peut encore avoir quelques sueurs froides...

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Kek-de-Mars
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Message par Kek-de-Mars »

La déchéance d'un ex crack du foot français... Ça va vite quand même...

Paul Pogba et Monaco, ça sent la fin : l'histoire entre le champion du monde et l'ASM ne devrait pas continuer

https://www.lequipe.fr/Football/Actuali ... er/1710321

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Captain_Eraclés
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Message par Captain_Eraclés »

MAJ du 11/08 :

En bleu, les dernières belles recrues


Mercato Time
Club : Joueur (Prix - Provenance)



Recrues Ligue 1 :
Auxerre : Nardi (Gratuit - QPR)
Le Havre : Mwanga (1,5M - Strasbourg),
Lens : Y. Titraoui (8M - Charleroi Fc),
Lille : Kouassi (Gratuit - Fc Seville),
Lyon : Openda (Prêt - Juventus), F. Bacher (5M - Estoril Praia)
Monaco : M. Abline (25M - Nantes)
Nice : G.Hein (3M - Metz)
Paris FC : Sinayoko (10M - Auxerre), Coppola (20M - Brighton), Pagis (15M - Lorient)
Paris SG : L.Digne (10M - Aston Villa), M.Akliouche (50M - Monaco)
Rennes : Mayenda (25M - Sunderland)
Strasbourg : G. Reyna (3M - M'Gladbach)



Recrues Premier League :
Arsenal : Tzolis (40M - Fc Bruges), Meslier (Gratuit - Leeds), B. Guimarães (87M - Newcastle)
Aston Villa : Manzambi (70M - Fribourg) R.Gomes (40M - Wolverhampton), Garnacho (Prêt - Chelsea)
Bornemouth : A. Silva (30M - Benfica), Juanlu Sánchez (13M - Fc Seville)
Brentford : M. Sangaré (48M - Lens),
Brighton : Vuskovic (58M - Tottenham)
Chelsea : M.Rogers (137M - Aston Villa), Palestra (60M - Atalanta Bergame), M.Lacroix (61M - Crystal Palace), V. Barco (0M - Strasbourg), D. Welbeck ( ? - Brighton), J. Henderson (Gratuit - Brentford)
Crystal Palace : Mingueza (Gratuit - Celta Vigo), T. Tomiyasu (Gratuit - Ajax)
Everton : T.George (28M - Chelsea), C.Norgaard (8M - Arsenal),
Fulham : G. García (40M - Real Madrid), Palacios Pérez (10M - Real Madrid)
Hull City : K.Tzolakis (23M - Olympiakos)
Ipswich : Emersonn (32M - Toulouse), I.Diop (10M - Fulham),
Leeds : J. Trafford (47M - Manchester City),
Liverpool : Jacquet (72M - Rennes), Munoz (40M - Osasuna)
Manchester City : Anderson (135M - Nottingham), Detourbet (25M - Troyes), Monga (12M - Leicester), Charles (3,5M - Sheffield)
Manchester United : Santos (58M - Chelsea), Tielemans (41M - Aston Villa),
Middlesbrough : R. Vítek (8M - Manchester United),
Newcastle : Bamba (41,5M - Monaco), B.Touré (50M - Hoffenheim), Steur (27M - Ajax), L. Hornícek (30M - Braga)
Sunderland : Meunier (Gratuit - Lille)
Tottenham : Tonali (115M - Newcastle), M.Fernandes (98M - West Ham), Van Hecke (60M - Brighton),



Recrues La Ligua :
Atletico Madrid : Hjulmand (45M - Sporting lisbonne), K.Lee (40M - PSG)
Barcelone : Gordon (70M - Newcastle), Adeyemi (29M - Dortmund), J. Bisiwu (8,5M - Fc Bruges)
Betis Seville : Bernal Cruz (10M - Fluminense), Fran Garcia (4M - Real Madrid),
La Corogne : Aubameyang (1,5M - Marseille)
Majorque : Tenas (Prêt - Villarreal)
Real Madrid : Cucurella (60M - Chealsea), Dumfries (20M - Inter Milan), Konate (Gratuit - Liverpool), C.Espí Escrihuela (25M - Levante), Y. Diomande (140M - RB Leipzig),



Recrues Serie A :
AS Roma : S.Castro (35M - Bologne), K. Koulierakis (15M - Wolfsbourg)
Atalanta Bergame : Gaetano (14M - Cagliari),
Bologne : A. Dovbyk (o.a - As Roma)
Come : N.Paz (60M - Real Madrid), T. Chalobah (30M - Chelsea)
Fiorentina : Inao Oulai (30M - Trabzonspor), Atta (30M - Udinese), V. Valdepenas (8M - Real Madrid)
Inter Milan : J. Stones (gratuit - Manchester City)
Juventus : R. Kolo Muani (50M - Paris SG), K. Alajbegovic (37M - Leverkusen),
Lecce : W. Geubbels (5M - Paris Fc),
Milan AC : G.Ramos (70M - Paris SG), Gila Fuentes (30M - Lazio Rome), Bocoum Diawara (3M - Troyes)



Recrues Bundesliga :
Bayern Munich : Saibari (55M - PSV), N.Brown (55M - Eintracht Francfort)
Dortmund : K. Karetsas (33M - Genk)
Hambourg : Nadir (Gratuit - Marseille),
Hoffenheim : De Cat (20M - Anderlecht), A. Daghim (13M - Salzbourg)
Leverkusen : A. Moreira (30M - Lyon)
RB Leipzig : Ø. Nyland (Gratuit - Fc Seville)



Le reste :
Al Hilal Riyadh : Summerville (77M - Aston Villa)
Ajax : M. ter Stegen (Prêt - Barcelone)
Besiktas : Trossard (18M - Arsenal)
Fenerbahce : Greenwood (39M - Marseille)
Inter Miami : Casemiro (0M - Man United)
River Plate : T. Almada (20M - Atletico Madrid)
Trabzonspor : M.Salah (Gratuit - Liverpool)
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Killvan
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Message par Killvan »

Akliouch au PSG, mouais, pas fan.
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GuiM
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Message par GuiM »

L'OL est passé. Ouf.

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Kek-de-Mars
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Message par Kek-de-Mars »

Excellente interview de Platoche dans l'Equipe... Michel, reviens à la FIFA stp !!!!!

Un peu avant l'été, sous le soleil brûlant de Cassis, Michel Platini reçoit au Bistrot de Nino, son restaurant donnant sur le port. Il l'a racheté en 2021, lui permettant de revenir, comme il dit, au contact « des gens normaux », qu'il assure ne pas avoir côtoyés durant cinquante ans. « Ce resto, je voulais l'appeler Aux trois Ballons d'Or... mais ça faisait trop ! » sourit-il, fier de son effet. Décontracté, le teint hâlé, les manches de chemise légèrement retroussées, « Platoche » n'est pas là pour recadrer la presse, comme il a pu le faire parfois durant sa carrière.

À 71 ans, l'ancien capitaine des Bleus a envie de se raconter, comme dans la série documentaire Platini, réalisée par Guillaume Priou et diffusée les dimanches 23 et 30 août prochains sur Canal+, en deux fois trois épisodes. Seul le sujet de son affaire avec la FIFA - il a porté plainte contre son président Gianni Infantino pour trafic d'influence et dénonciation calomnieuse -, aux mains de son avocat, reste tabou. Mais sur son rapport au football d'hier et d'aujourd'hui, l'homme que désormais « seuls les vieux » reconnaissent dans la rue anticipe les questions comme les ballons, quarante ans plus tôt.

« Plusieurs producteurs vous avaient déjà proposé un documentaire sur votre vie. Pourquoi, cette fois, l'avoir accepté ?
Des Américains et des Anglais m'avaient en effet déjà approché, mais c'était plus politique, extra-sportif, que sur ma vie de footballeur. Les journalistes français, vous êtes un peu fouteurs de merde de temps en temps, mais eux le sont encore plus. (Sourire.) Donc, je n'ai pas voulu et je me suis rapproché de Canal+. Je leur ai expliqué : "Les gens que je rencontre ne me parlent pas de mes aventures à l'UEFA et à la FIFA, ils me parlent de football, de mes matches, des émotions données." La chaîne était d'accord et on s'est lancé ! Et puis, j'ai 71 ans. égoïstement, je le fais aussi pour mes petits-enfants.

Aviez-vous regardé au préalable des documentaires marquants sur de grands sportifs ?
J'ai vu The Last Dance sur Michael Jordan (sorti en 2020), mais j'ai arrêté au bout de deux épisodes. Quand cela parle de ses chefs-d'oeuvre, j'adore ! Mais lorsqu'on commence à évoquer ses problèmes dans le vestiaire, cela ne m'intéresse plus. Une phrase m'a marqué dans le film L'Homme qui tua Liberty Valance (réalisé par John Ford en 1962). À la fin, le sénateur raconte sa vie, mais la vérité, pas la légende. Le journaliste jette le papier et dit : "Dans l'Ouest américain, quand il y a la légende et la réalité, on parle de la légende !" Dans les documentaires, je veux voir la légende. J'arrive à un âge où on a envie de choses positives.

Y compris lorsque vous évoquez la terrible demi-finale France-RFA de 1982 ?
Oui, parce que ce sont des émotions très fortes, qu'on ne retrouve pas dans d'autres moments de la vie. Ni en regardant un film, ni en lisant un bouquin, ni en écoutant de la musique... Pendant deux heures, tous les sentiments du monde te traversent. Si je parle seulement du match, ces cent vingt minutes ont été beaucoup plus fortes que les quatre-vingt-dix de la finale de l'Euro 1984, même si la fin, avec le trophée, a été plus heureuse (2-0 contre l'Espagne, le 27 juin).

Dans le documentaire, vous dites avoir passé votre vie « à être contre »...
Je m'en suis rendu compte il n'y a pas longtemps. Tu te dis : "Mais pourquoi je suis casse-couilles ?" Puis, tu t'aperçois que tu as passé ta vie à être contre : contre les profs en classe, dans la cour ou la rue, contre ceux à qui tu veux marquer des buts, contre tes parents qui t'engueulent, contre le défenseur, le gardien de but, contre tout le monde. Et le paradoxe, c'est d'être ainsi en évoluant dans un sport collectif.

Votre soeur montre une photo de vous enfant de choeur, évoquant votre air canaille.
Il ne m'a pas toujours servi, à l'école notamment. À 12 ans, la prof d'anglais avait convoqué mes parents pour leur dire : "Je suis enceinte et je pense que je vais faire une fausse couche à cause de votre fils. Je ne veux plus qu'il me regarde."

Plus tard, vous avez aussi défié les journalistes...
C'est plus facile de juger que d'être jugé. Je ne pouvais pas être un béni-oui-oui, j'ai mon caractère et je les envoyais balader. Je me rebellais, je ne me laissais pas faire. J'allais avoir un mauvais article, et alors ? Un papier, cela dure un ou deux jours max. Tout ce que je sais, c'est que je suis resté moi-même, droit et naturel. Pendant la Coupe du monde 1982, j'avais dit : "Si les journalistes sont ici, c'est grâce à l'agence de voyage Platini !" Cela a plu, je ne vous raconte pas. (Sourire.) Ils n'y allaient jamais, et là ils allaient passer un mois au Mondial en Espagne. Et après, ils me taillent. C'est trop fort !

Mais vous aviez aussi des liens particuliers avec certains...
Oui, notamment Thierry Roland. Le jour de sa mort, j'ai dit : "Thierry a fait croire à toute la France que j'étais un bon footballeur, je ne le remercierai jamais assez." Une histoire aussi résume tout, celle avec Jean-Philippe Réthacker, grande plume de L'Équipe. On était fâchés depuis quatre ou cinq ans lorsqu'un jour - il était devenu vieux -, on descend des escaliers ensemble. Je le vois boiter derrière moi et cela me fait de la peine. Je me retourne et lui demande : "Jean-Philippe, pourquoi on est fâchés déjà ?" Il me répond : "Je ne sais pas..." "Bah, moi non plus !" On s'est serré la main et c'était fini. Il avait dû me mettre un 3 dans L'Équipe alors que je pensais mériter un 6. (Sourire.) On peut être susceptible quand on est en activité.

Pourquoi arrêter votre carrière si jeune, juste avant vos 32 ans ?
Tout simplement parce qu'il n'y avait plus d'essence dans le moteur. Un jour, et on le voit bien dans la série d'ailleurs, on évolue contre la Sampdoria (avec la Juventus), qui jouait le hors-jeu. On m'envoie un ballon au-dessus de la défense, je le récupère et je cours. J'ai cinq mètres d'avance au départ, et lorsque j'arrive aux 18 mètres, j'ai cinq mètres de retard. Cela m'a fait très mal ! Je me suis dit : "Il est temps d'arrêter de jouer au football." (Sourire.)

Pourtant, l'Olympique de Marseille vous voulait. Même Bernard Tapie n'a pas réussi à vous convaincre de pousser un peu ?
Non, cela ne marche pas avec moi. J'ai fini par lui dire : "Bernard, arrête de me gonfler !"

Dans le film, on comprend que vous n'étiez pas fait pour devenir entraîneur. Vous devenez pourtant rapidement sélectionneur des Bleus...
On me l'a demandé, j'ai accepté, mais ce n'était pas pour moi. Pourtant, le Real Madrid m'avait contacté quand j'étais sélectionneur, et pas mal d'équipes m'avaient approché. Mais je trouve que les entraîneurs ne comptent pas beaucoup pendant le match. Avant et après oui, mais pendant... Tu te dis : "Si Jean-Pierre Papin marque un but, je suis le meilleur sélectionneur du monde, mais, s'il loupe le penalty, je suis le plus gros con du monde." Mais toi, t'es là, t'as pas bougé. Un entraîneur au plus haut niveau, c'est avant tout un psychologue. Encore plus aujourd'hui parce qu'il y a des ego, de l'argent... Après, sur le résultat, le coach ne sert pas à grand-chose. Sauf qu'il peut dire à la presse : "Lui, j'ai bien fait de le faire rentrer, vous avez vu le but qu'il a marqué ? Il fallait y penser !" Mais c'est pipeau total ! (Rires.)

En revanche, vous avez accepté de devenir consultant pour Canal+.
C'était un moyen de rester dans le monde du football sans être ni entraîneur ni dirigeant, de continuer à voyager un peu dans les stades et voir les copains. J'ai surtout voulu le faire dans un but pédagogique. Je n'étais pas là pour dire "untel a fait la passe à untel ou untel", mais pourquoi il a fait la passe, comment il l'a faite. Je parlais comme si je m'adressais à tous les éducateurs de foot amateur. Puis j'ai commencé à poser des questions à des entraîneurs qui les mettaient en difficulté, en plein direct, à la fin des matches. Donc j'ai préféré arrêter.

Plusieurs chaînes et radios vous ont sollicité depuis. Pourquoi n'avoir jamais replongé ?
J'ai tout fait, je n'ai pas envie de refaire ce que j'ai déjà réalisé et de m'accrocher à des choses du passé. J'ai envie de voir de nouvelles choses, différentes, innovantes. C'est une déformation professionnelle. J'ai passé toute ma jeunesse, comme joueur, à oublier le match passé et à penser uniquement au prochain... parce que c'est le plus important.

Quel consultant vous plaît aujourd'hui ?
J'ai bien aimé Éric Carrière (il a stoppé cette activité en 2022). Sidney Govou est pas mal aujourd'hui. Ils sont sobres, et c'est important. Mais comme téléspectateur, je prends le match au coup d'envoi et je le lâche souvent à la pause publicité, s'il y a la pause fraîcheur, ou à la mi-temps... Je ne suis pas forcément intéressé par le résultat, sauf si c'est le PSG en finale de la Ligue des champions ou l'équipe de France. Je regarde le jeu, les joueurs. Quand j'étais devenu président de l'UEFA, on m'avait demandé de ne pas montrer mes sentiments quand une équipe marquait parce qu'on pouvait penser que j'avais choisi l'arbitre... Donc j'ai perdu le plaisir d'être supporter d'une équipe.

Et la Ligue 1, vous la regardez ?
Je suis abonné à Ligue 1+. Il n'y a que des bons matches parce que je regarde les joueurs et qu'on a une école de formation de haut niveau. On est sévère avec notre Championnat. Je ne vois pas le problème qu'il y a dans le football français.

Le manque de revenus audiovisuels et donc d'argent...
J'ai joué au football, il n'y avait pas de télévision. Où est le problème ? Il y aura les salaires que les clubs donneront. Le changement radical fut l'arrêt Bosman (en 1995), qui a permis à tout le monde d'acheter tout le monde, sans limites. Il a été une catastrophe pour la philosophie du football. Je n'aime pas le mot "quotas", mais il faudrait faire comme la culture ou la radio avec 50 % de chansons françaises.

Que représentez-vous pour la jeunesse d'aujourd'hui ?
Les gamins ne me connaissent pas. Mais quand leurs parents leur disent "ce monsieur, il a trois Ballons d'Or", leurs yeux s'illuminent. Aujourd'hui, le Ballon d'Or est le Graal, pas le palmarès du joueur. Nous avions des valeurs un peu différentes de celles des joueurs actuels. On jouait pour une équipe, pour les supporters. Aujourd'hui, ils disent : "Je veux rentrer dans l'histoire." Ils ne sont pas attachés à des clubs ni des publics. Le football professionnel, ce sont désormais des marques et des mercenaires, rien d'autre !

Votre vision du foot n'est plus en adéquation avec celui d'aujourd'hui ?
Pas toujours. Par exemple, lors de la dernière demi-finale de Ligue des champions PSG-Bayern, on a parlé de "match du siècle" après le 5-4 à l'aller. Moi, j'ai préféré le 1-1 au retour. Les goals sont des passoires et les défenseurs des archi-passoires, ils encaissent neuf buts et on définit cela comme le match du siècle ? On est vraiment dans le show-biz en ce moment. Un beau geste défensif, un bel arrêt de gardien, c'est aussi beau qu'un but marqué. Après, deux milliards de personnes parlent de football et expriment leur sentiment. Moi, je ne suis qu'un sur ces deux milliards et je n'ai peut-être pas toujours raison.

Joueur, vous n'avez jamais fait de déclarations politiques, comme Kylian Mbappé aujourd'hui. C'est une question de génération, de personnalité ?
Un sportif n'intéressait pas grand monde, il n'était pas reconnu. De toute manière, j'ai un principe : je ne parle jamais de politique ni de religion. Ce sont des sujets personnels. J'ai par exemple toujours refusé de faire 7 sur 7 (émission politique diffusée de 1981 à 1997 sur TF1) parce que c'était vu comme un passage. Ce que j'allais dire n'avait aucun intérêt, mais on aurait jugé ma prestation. La France n'était pas très football à cette époque-là. On allait juger un footballeur qui n'est pas un bon orateur.

Le jugement, ce mot revient souvent chez vous. Vous le craigniez ?
Mais non... Simplement, à cette époque, les sportifs étaient vus comme des imbéciles. Dans les années 1970, le sport n'existait pas et par extension le foot. Le sport n'était pas reconnu. Si tu voulais coucher avec une fille, il ne fallait pas dire que t'étais footballeur parce que c'était bidon. Un sportif, en France, c'était la plus basse espèce qui pouvait exister sur terre.
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Après votre tir au but raté à Guadalajara en 1986 lors du quart contre le Brésil, vous semblez penser d'abord au jugement des journalistes en tribune de presse...
Non. Mon premier sentiment, c'est d'être déçu pour mes coéquipiers. Car on va peut-être être éliminés, qu'on ne verra pas les demi-finales alors qu'on se bouge le cul depuis deux mois pour essayer d'y arriver. Ensuite, tu penses à ta femme et ton fils, qui doivent être en pleurs, puis à tous les millions de Français qui doivent se dire : "Comment il a pu le louper ?" Il y a des étapes. Et après, tu te dis : "Luis (Fernandez), allez, marque le but ! Comme ça là-haut, ils ne vont pas me tailler !"

Aujourd'hui, la santé mentale n'est plus un sujet tabou dans le foot. Auriez-vous aimé parfois pouvoir dire : "Je ne suis pas un super-héros, j'ai mes moments de faiblesse" ?
On ne peut pas l'entendre de gens comme moi. Ça fait pleureuse (sic). Parce que, qu'on le veuille ou non, on est des super-héros pour tout le monde. Et un super-héros ne peut avoir de failles.

Cela n'a pourtant pas toujours été facile d'assumer ce costume.
Oui, ce n'est pas facile mais tu ne le dis pas. J'ai été jalousé, je ne vais pas montrer mes faiblesses à mes adversaires ou à ceux qui ne m'aiment pas. J'ai été éduqué dans une forme de dureté. Ma famille était belle, mais dure. Elle ne m'a jamais dit qu'elle était fière de moi. Elle le pensait, je le sentais, mais elle ne le disait pas.

Comprenez-vous que désormais les joueurs aient besoin de s'en libérer ? Vu la pression, retenir ses émotions devient intenable par moments.
Non. Ils ont choisi cette voie-là et maintenant ils doivent assumer. Ce sont les conséquences de la notoriété, de la gloire, de l'argent. S'ils n'assument pas, qu'ils fassent autre chose. De toute façon, le joueur est jugé sur ses performances et ses résultats sur le terrain, pas sur ses états d'âme ni ses propos dans la presse. Aujourd'hui, quand je veux découvrir un joueur, je regarde son match, le reste ne m'intéresse pas.
Tous les articles issus du magazine L'Équipe

Que retenez-vous de votre carrière à l'UEFA et de votre candidature à la tête de la FIFA ?
Là, tu fais vraiment de la politique ! Tu dois demander à des gens de voter pour toi. Cela m'a fait bizarre parce qu'avant les gens me demandaient toujours des trucs à moi, et pas l'inverse. Cela m'a un peu changé, je suis devenu plus rond. Pas vraiment facile car ça m'allait bien d'être un peu dictateur et de commander. (Sourire.) Avant, t'es Michel Platini, personne ne t'embête, mais, là, tu vas à la guerre, tu découvres les peaux de banane et tout ce qui va avec une élection.

Votre carrière dans les instances représente un seul épisode sur six du doc...
Je voulais qu'on parle de toute l'épopée footballistique, c'était important pour moi. Oui, le passage dans les instances fait un peu partie de ma vie, mais bon...

À l'image, on voit néanmoins que votre élection à la tête de l'UEFA fut un très grand moment de fierté ?
C'est vrai, mais je n'aime pas les histoires qui finissent mal. »

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