
Red Dead Redemption (Nintendo Switch)
Red Dead Redemption!!!
Il s'agit du premier jeu que je me suis empressé d'acheter quand mon neveu m'a donné sa xbox 360, jeu que je rêvais de posséder depuis sa sortie, donc depuis plusieurs années.
Après l'avoir terminé et adoré une premier fois sur ce support, je m'y suis de nouveau attaqué mais cette fois-ci sur Switch.
Et il me tardait de parcourir de nouveau les immenses plaines sauvages de l'ouest américain sur ma fidèle monture.
Et sur Switch avec cette possibilité d'y jouer en mode nomade, que ce soit le midi au taf ou le soir au lit, c'est quand même un truc de fou !
L'histoire de John Marston est une vraie pépite.
Une vengeance imposée, un passé violent qu'il traîne comme un boulet sans jamais vraiment pouvoir s'en affranchir, et une aspiration toute simple : raccrocher, retrouver sa famille, vivre en paix.
Mais l'Ouest n'est pas du genre à lâcher facilement ses hommes, Cowboy.
On débute le jeu sans rien savoir de son histoire.
On découvre un homme à l'air patibulaire encadré par ce qui semble être des hommes de loi qui ne le ménagent pas.
Il devra travailler pour eux, et il n'aura clairement pas le choix.
Petit à petit, les zones d'ombre se dissipent quant à ses actions passées, et on se retrouve captivé par ce personnage attachant malgré tout ce qu'il a pu faire auparavant, poursuivant une quête qui ne devrait pas être la sienne.
Car oui, le ton est vite donné. Marston n'est pas un enfant de cœur, et même si on ne connait pas les détails de son ancienne vie, les éléments suggérés indiquent que ça ne devait pas être très reluisant.

La trame principale est très bien rythmée, complétée par des missions secondaires parfaitement intégrées à la narration, dévoilant toujours un peu plus John Marston au joueur.
Et si vous avez fait RDR2 avant, le lien avec la préquelle est particulièrement bien amené.
Grandiose !
John est un personnage magnifiquement écrit, cynique en apparence mais profondément humain.
Ses dialogues avec les nombreux protagonistes croisés sont savoureux, souvent teintés d'humour, parfois acerbes ou desabusés.
John est un homme marqué, qui est allé de désillusions en désillusions jusqu'à vouloir prendre le contre-pied de son ancienne vie.
On s'y attache petit à petit, jusqu'à n'espérer qu'une chose: qu'il puisse enfin être tranquille.
Les autres personnages sont tout aussi réussis : attachants, parfois perchés, et franchement détestables quand il le faut (salauds d'agents fédéraux, je les hais !)
Rockstar signe ici une fois de plus une écriture de haut niveau.
Quel plaisir pour les joueurs de RDR2 de revoir des têtes familières: Mc Farlane
La relation entre John, Abigail et Jack, même si elle ne prend toute son ampleur que sur la fin du jeu, est particulièrement touchante.
Il s'agit de deux personnages qu'on rencontre réellement sur le tard, mais qu'on connaît un petit peu plus au chaque fois que John parle d'eux aux autres personnages, et de son envie de les retrouver au plus vite.
Côté gameplay, les sensations à cheval sont grisantes.
On se retrouve rapidement à chevaucher juste pour... se promener et explorer ce monde immense.
Le joueur curieux sera généralement récompensé par son besoin d'explorer:
panoramas grandioses, rencontres aléatoires surprenantes, embuscades, personnages en détresse, faune vivante et parfois extrêmement dangereuse (saloperie de pumas, souvent plusieurs et bien cachés attendant tapis dans les hautes herbes que vous descendiez de cheval)
Le monde est vaste, vivant, et pousse constamment à aller voir ce qui se cache derrière la prochaine colline.

Les gunfights sont nerveux et efficaces, et l'usage du Sang Froid — qui ralentit temporairement le temps pour enchaîner plusieurs cibles — apporte une pause stratégique bienvenue au cœur de l'action.
Et John ne manque pas d'atouts pour s'en sortir: sprint, escalade, mise à couvert, tir à cheval.
Le bonhomme est sacrément bon, une vraie gâchette de l'ouest !
Les activités annexes — chasse, cueillette, primes, attaques de trains — ajoutent de la profondeur et de la crédibilité à l'univers.
Le joueur est aussi régulièrement interpellé au détour d'une rue par des cowboys souhaitant en découdre.
S'engagera alors un duel où seul le plus rapide à sortir son arme et à plomber son adversaire en sortira vivant.
Graphiquement, c'est magnifique. Le portage switch fait honneur au jeu original, tant en mode nomade que sur grand écran.
Les environnements americains sauvages comme les terres arides du Mexique sont superbes, et les cycles jour/nuit ainsi que les changements météo offrent des moments contemplatifs saisissant.
Il m'est souvent arrivé de faire stopper mon cheval afin d'observer un coucher de soleil du haut d'une falaise, ou de prendre mon pied à faire accélérer mon cheval sous l'orage zébrant d'éclairs le ciel menaçant.
Il en est de même lors des fréquentes haltes qu'on peut faire dans les villes afin de faire le plein de munitions ou se restaurer.
On pourra s'asseoir à une table du saloon pour disputer une partie de poker, jouer au jeu du couteau pendant lequel le joueur le plus rapide et précis l'emportera, et tout ceci pour gagner quelques dollars.
Les villes sont pleines de vie, les pnj vaquant à leurs occupations.
Libre au joueur d'intervenir lors d'une rixe, d'un vol de cheval ou d'un braquage, ou de lui-même braquer un commerce.
En cas d'action hors la loi, il faudra ensuite fuir les hommes du shérif, jusqu'à ce qu'ils cessent la poursuite. La prime sur votre tête augmente à chaque nouvelle mauvaise action, mobilisant alors plus d'hommes du shérif pour vous arrêter.
L'ambiance sonore quant à elle sert parfaitement l'immersion: des thèmes musicaux qui fleurent bon Ennio Morricone, des bruitages impeccables (le martèlement des sabots, les détonations des Colts), et des doublages aux petits oignons, fidèles aux personnages comme Rockstar sait si bien le faire.
Un sans faute !
En conclusion, Red Dead Redemption est une magnifique ode au western.
L'histoire de John Marston est touchante, les personnages charismatiques, le tout se terminant en apothéose, magnifiant cette quête de rédemption.
Il serait dommage de passer à côté de ce véritable chef-d'œuvre, qui n'a rien à envier aux meilleures productions cinématographiques du genre.
Ma note : 10/10
