Vos dernières séances [films/Animes]

Envie de discuter d'un film, d'une série?
Avatar de l’utilisateur
lessthantod
Chevalier du Zodiaque
Messages : 2657
Inscription : 13 nov. 2020 17:21
Localisation : Ô Toulouuuse

Vos dernières séances [films/Animes]

Message par lessthantod »

Ce week-end, je suis allé voir La Fin d'Oak Street ...

Image

La Fin d'Oak Street est le dernier film en date de David Robert Mitchell, un réalisateur que j'aime beaucoup, surtout pour It Follows (2014) dont j'attend impatiemment la suite They Follow prévue pour 2027. Mais entre-temps, il s'est attelé à ce projet de science-fiction "familial" et avec des dinosaures, dont le budget est estimé à 85 millions, soit 85 fois plus que pour It Follows. C'est dire si la pression est grande sur les épaules du réalisateur, surtout que c'est un projet qui semble lui tenir à cœur. J'imagine que, tout comme moi, David Robert Mitchell est un enfant des années 80. Ce n'est donc pas un hasard si dans La Fin d'Oak Street les évènements se déroulent durant les années 80, certainement pour raviver la nostalgie qui sommeil en nous, avec les nombreuses références au cinéma de Steven Spielberg (Jurassic Park et Le Monde Perdu) et des productions Amblin (Retour vers le Futur et Les Gremlins pour n'en citer que deux). La société de production Bad Robots de J.J. Abrams est d'ailleurs rattachée au projet, sachant que le petit Abrams est l'un des plus grands admirateurs de tonton Spieberg.

Dans La Fin d'Oak Street, on va suivre la famille Platt, la mère Denise (Anne Hathaway), le père Greg (Ewan McGregor) et les deux enfants Audrey (Maisy Stella) et Brian (Christian Convery), qui en apparence semblent former une famille modèle ... mais seulement en apparence. On sent bien que qu'il y a des tensions entre Denise qui se sent insatisfaite (elle s'essaie à l'écriture d'un roman) et Greg qui accumule les petits boulots (livreur de pizzas) et boit en cachette. Quant à Brian, le jeune fiston, il semble être quelque peu turbulent. Sans oublier le chien Starbuck qui fait des siennes dans le jardin du voisin casse-pied (PJ. Byrne). Mais quant est-il d'Audrey, me direz-vous ? Rien de particulier, si ce n'est qu'elle semble se questionner sur son orientation sexuelle, étant attirée par la nouvelle voisine prénommée Jeanette (Jordan Alexa Davis). Mais le fond du problème est ailleurs, puisqu'ils devront tous s'unir, le chien y compris, pour faire face à des dinosaures. En effet, tout le quartier dans lequel ils résident va se voir transporté à l'époque du Trias/Jurassique, il y a plus de 200 millions d'année. Du jour au lendemain, ils devront donc survivre dans un milieu hostile, tant bien même qu'ils puissent se cacher dans leur maison et au milieu de leurs voisins.

La Fin d'Oak Street est une véritable madeleine de Proust, du cinéma d'avant comme on en fait presque plus, ou tout du moins une tentative du cinéma d'avant. Les hommages aux films et la musique du début des années 80 font irrémédiablement sourire. Le film aurait pu sortir tel quel dans les années 80/90, si ce n'est les effets spéciaux calibrés années 2020. A de rares exceptions prés, les CGI sont bien gérés. Les dinosaures sont très réalistes et possèdent même des plumes. Maintenant on le sait, beaucoup d'entre eux avaient un certain degré de plumes. J'apprécie également cette approche plus intimiste de la part de David Robert Mitchell, avec cette petite famille au bord de la crise de nerfs, que les conséquences d'une menace d'ampleur mondiale vont amené à devoir se ressouder.

David Robert Mitchell ne délaisse pas pour autant le côté jouissif d'avoir des dinos à l'écran. On a de très beaux plans séquences où les dinosaures chassent les humains et certaines mises à mort sont bien sanglantes, plus sanglantes que ce qu'on a l'habitude de voir dans la saga Jurassic Park. De plus, il gère très bien le rythme et les espaces. Il sait ménager le suspense et prend son temps avant de nous plonger dans l'action. Il faut attendre une bonne demie heure avant de voir le premier dinosaure et les première gouttes de sang, mais à partir de ce moment là, ça monte crescendo dans l'horreur ...
► Afficher le texte
Il est fort à parier que beaucoup de spectateurs vont tiquer sur la fin du film en mode happy-end qui sent bon les productions Amblin des années 80 ...
► Afficher le texte
La Fin d'Oak Street est certes imparfait (deux ou trois paradoxes temporels et un happy-end totalement forcé), mais très divertissant et, je trouve, plus riche qu'il n'y paraît à première vue. Personnellement, je l'ai abordé comme le récit d'une famille dysfonctionnelle que les conséquences d'une catastrophe de grande ampleur vont pousser à faire front commun, tout en tentant de se reconstruire. Mention spéciale à Anne Hathaway qui est vraiment excellente en mère courage qui refuse de subir son quotidien de plus en plus étouffant. Bref, avec La Fin d’Oak Street, David Robert Mitchell propose une expérience originale et tendue qui prouve qu’il est encore possible de raconter des histoires de dinosaures en dehors des grandes franchises.

Avatar de l’utilisateur
Gringos10
Site Admin
Messages : 30305
Inscription : 31 oct. 2020 23:08
Localisation : RP

Vos dernières séances [films/Animes]

Message par Gringos10 »

J'ai adoré (et vu 3 fois au ciné) it follows, donc je vais m'empresser de regarder ce oak street!
"Avec le canon d'un flingue entre les dents, on ne prononce que les voyelles"
MY FEEDBACK
MES RECHERCHES
MA COLLECTION

Avatar de l’utilisateur
lessthantod
Chevalier du Zodiaque
Messages : 2657
Inscription : 13 nov. 2020 17:21
Localisation : Ô Toulouuuse

Vos dernières séances [films/Animes]

Message par lessthantod »

It Follows ça a été une énorme claque pour moi. En comparaison, La Fin de Oak Street est juste sympathique.

Avatar de l’utilisateur
wiiwii007
Maître de l’Univers
Messages : 7178
Inscription : 02 août 2021 18:03

Vos dernières séances [films/Animes]

Message par wiiwii007 »

Image
- "Je n'ai rien oublié", réalisé par Bruno Chiche, sorti en 2010 -

Le pitch : Conrad Lang est l'homme à tout faire d'une riche famille. Il y a été élevé comme le frère de Thomas le fils de la famille qui a le même âge que lui. Conrad met accidentellement le feu à la grande maison de vacances dont il était le gardien. Il revient alors dans la ville de son enfance, à la résidence familiale le jour du mariage de Philippe (fils de Thomas) et de Simone. Les troubles de mémoire et de comportement répétés de Conrad révèlent rapidement une maladie neurologique (la maladie d'Alzheimer), ce qui amène Elvira, la belle-mère de Thomas, à l'installer avec une garde-malade dans la maison d'ami de la résidence.

Question cohérence, j'ai trouvé ça très très limite. Après, j'ai peut-être pas bien compris le truc car c'était assez bordélique à suivre. Je ne comprends pas bien les motivations d'Elvira. Mais bref, j'ai trouvé le film sympa car il traite un peu d'Alzheimer, une maladie qui a fait des ravages dans ma famille et dont j'ai été témoin de près... Juste pour ça, j'ai été intrigué et ému. Dommage que l'intrigue soit si tirée par les cheveux et que les facilités scénaristiques s'enchaînent un peu trop à mon goût : "je fais un footing dans la ville et hop, je tombe sur la bonne personne... Je sors boire un coup et hop, je tombe sur ce qu'il faut !"

Avatar de l’utilisateur
lessthantod
Chevalier du Zodiaque
Messages : 2657
Inscription : 13 nov. 2020 17:21
Localisation : Ô Toulouuuse

Vos dernières séances [films/Animes]

Message par lessthantod »

Je viens de mater El Reino ...

Image

Sorti en 2018 et réalisé par Rodrigo Sorogoyen, El Reino est un thriller politique se déroulant en Espagne. El Reino signifie "le règne" français, à savoir le règne d'hommes politiques qui ne s'avèrent pas très honnêtes pour le moins qu'on puisse dire. De Rodrigo Sorogoyen, je n'avais vu jusqu'à présent que ses deux derniers films sortis au cinéma, As Bestas (2022) et L’Être aimé sorti cette année. J'ai donc voulu rattraper mon retard et découvrir le reste de sa filmographie. Et c'est El Reino qui a attiré mon attention en premier. Aprés, j'enchainerai après avec Madre (2019), c'est en tout cas ce que j'ai prévu de faire. Mais pour revenir au film qui nous intéresse ici, à savoir El Reino, on va se rendre compte que le thriller politique se transforme très vite en véritable film de gangsters.

Dans El Reino, on va suivre les aventures de Manuel Lopez Vidal (Antonio de la Torre), un homme politique espagnol qui va être accusé (et à raison) de corruption. A partir de ce moment là, son parti politique le lâche complètement, l'invitant même à s'exiler en Argentine le temps que l'affaire retombe un peu. C'est la douche froide pour Manuel qui se voyait succéder au chef du parti José Luis Frías (Josep Maria Pou). C'est le fusible qui doit sauter pour sauver le parti, seulement voilà, Manuel ne l'entend pas de cette façon. Ce n'est pas un homme qui se laisse abattre si facilement, il va donc tout mettre en œuvre pour se faire entendre. Son orgueil aidant, il va se battre pour sa famille et surtout pour lui, afin de ne pas perdre tout ce qu'il a durement (et mal) acquis.

Le gros point fort du film réside dans sa mise en scène et son montage et ça on le doit au travail de Rodrigo Sorogoyen qui est décidément un réalisateur très talentueux. Il dirige ses acteurs comme s'il s'agissait de gangsters. Sa mise en scène est très stylisée, avec de nombreux plans séquences, un peu à la manière de Scorsese ... mais un Scorsese dopé à la testostérone. Le film va à mille à l'heure et on a pas le temps de souffler une seule seconde. C'est assez classique sur le fond, mais alors sur la forme c'est très surprenant. Et si l'histoire n'est pas très au originale, la manière dont c'est raconté l'est complètement. La mise en scène colle parfaitement à chaque situation pour nous faire entrer dans la tête de Manuel ...
► Afficher le texte
► Afficher le texte
On ressent pleinement la tension, la peur et la colère qui submerge Manuel, au point où on en viendrait presque à le trouver sympathique, tant bien même que ce soit une véritable crapule. Et si on l'avait oublié, la dernière scène du film nous le rappelle douloureusement ...
► Afficher le texte
El Reino est un film très nerveux et bavard, parfois un peu trop nerveux et bavard. Je ne vous cacherai pas que j'ai parfois eu du mal à suivre tellement la réalisation en deviendrait presque "clipesque". Et puis, les dialogues fusent à une vitesse très élevée, ne nous laissant pas toujours le temps de bien suivre la conversation. Mais tout ça, c'est bien peu de défauts face aux grandes qualités du film. (7.5/10)

Avatar de l’utilisateur
lessthantod
Chevalier du Zodiaque
Messages : 2657
Inscription : 13 nov. 2020 17:21
Localisation : Ô Toulouuuse

Vos dernières séances [films/Animes]

Message par lessthantod »

Je viens de mater Souvenirs de Marnie ...

Image

Sorti en 2015 et réalisé par Hiromasa Yonebayashi, Souvenirs de Marnie est l'un des derniers films d'animation des studios Ghibli. Le film est adapté du roman When Marnie Was There de l'écrivaine britannique Joan G. Robinson. Quant à Hiromasa Yonebayashi, il est bien connu au sein des studios Ghibli, puisqu'il a réalisé pour eux Arrietty Le Petit monde des Chapardeurs, un Ghibli que je considère comme très mineur. Par la suite, il a rejoint les studios Ponoc pour réaliser Mary et la Fleur de la sorcière, un film d'animation fortement inspiré des œuvres d'Hayao Miyazaki, pas très original mais fort sympathique. C'est donc avec une certaine appréhension que je me suis lancé dans le visionnage de ce Souvenirs de Marnie, même si les retours que j'ai lu étaient assez élogieux. Et en effet, ce Souvenirs de Marnie est vraiment une très bonne surprise, bien meilleur qu'Arrietty en tout cas.

Solitaire, renfermée et qui plus est, souffrant d'asthme, Anna est une jeune adolescente qui ne semble pas être très épanouie. Ses parents adoptifs l'envoie chez sa tante et son oncle pour respirer l'air de la campagne. Ils espèrent ainsi qu'elle retrouvera le sourire et qui sait, se faire de nouveaux amis de son âge. Nous sommes en été, il fait beaux, la nature est florissante et surtout il y a un petit lac qui attire tout de suite l'attention d'Anna. Or, de l'autre côté du lac, il y a une grande et belle demeure semble-t-il abandonnée. En se rendant à la demeure, lors de la marée montante, elle y rencontre une jeune fille blonde prénommée Marnie.

Le temps d'un été, une histoire d'amitié va alors naitre entre les deux jeunes filles, sauf que voilà, Marnie ne se manifeste que durant les rêves d'Anna. Anna s'est-elle inventée une amie imaginaire pour surmonter son mal-être ? La réponse, vous ne l'aurez qu'à la fin du film, mais je vous garantis que cela valait le coup d'attendre. Car oui, sachez le temps, le film prend son temps et je ne vous cacherai pas qu'il y a certaine longueurs durant la première, mais sur la dernière demi-heure tout s'accélère et la finalité est à la hauteur de notre patience.

Quand arrive la révélation finale, que moi personnellement je n'ai pas vu venir, on est très agréablement surpris. Tout le flou qui entoure le personnage de Marnie disparaît alors. C'est très beau et surtout, tout prend son sens. Moi qui craignait une explication un peu tirée par les cheveux ... hé bien pas du tout. C'est très logique et surtout c'est très touchant. La conclusion est magnifique, ce qui valide toute la construction narrative de la première heure ...
► Afficher le texte
Le mélange des tons, entre réalisme et onirisme, est très réussi. Et production Ghibli oblige, sur la forme c'est magnifique. C'est du Ghibli, c'est donc une animation traditionnelle, du "fait-main". Les desseins sont très colorés et ça fourmille de petits détails en arrière plan. On a le droit à une succession de tableaux naturalistes, avec la forêt, le lac et la grande demeure. La demeure justement, que ce soit le jour ou la nuit, elle est magnifique.

Généralement, les meilleurs Ghibli sont ceux réalisés par Isao Takahata et Hayao Miyazaki, mais ce Souvenirs de Marnie de Hiromasa Yonebayashi fait exception. Il se hisse sans problème parmi les meilleurs Ghibli, peut-être pas au niveau des meilleurs œuvres des deux maitres, mais dans mon top 10 Ghibli assurément (probablement entre la 8ème et 10ème place).

Répondre

Revenir à « Ciné dimanche »